4- Poursuite du processus de dénonciation

A la suite de la publication des conclusions de l’enquête ecclésiale, parait un article à charge sur le site Italien ADISTA qui recouvre bon nombre de propos insultants et diffamatoires ; l’association se verra obligée de déposer une plainte pour diffamation contre ADISTA. Cet article vise à discréditer l’Alliance à partir d’amalgames, de propos mensongers, d’insinuations diffamatoires et remet en cause la validité et l’objectivité de l’enquête. Il allègue l’incompétence des enquêteurs et un conflit d’intérêt en raison de prétendus liens familiaux entre la famille de la fondatrice et Monseigneur Aillet. Madame Haushalter qui accompagne le père Narcisse dans son enquête, est aussi faussement présentée comme « une amie de la fondatrice ». Madame Haushalter confirmera dans un courrier : qu’« elle ne connaissait pas Gaëtane de Lacoste Lareymondie avant le début de la mission et ne l’a rencontrée que dans le cadre de celle-ci ».1

A propos de l’enquête, Monseigneur Aillet a sollicité le supérieur des Dominicains de la province de Bordeaux et Toulouse afin qu’il lui indique trois noms d’enquêteurs. Le choix se porte sur l’un d’entre eux, le père Gilbert Narcisse, spécialiste des dérives sectaires et emprises (c’est à ce titre qu’il a participé à l’enquête menée dans le Diocèse de Fréjus-Toulon). Commissaire apostolique, il est nommé par divers évêques pour des visites canoniques et pastorales et a eu l’occasion de consulter des magistrats dans le cadre de ses missions. Rome confirmera par la suite la prise en considération des conclusions de l’enquête ecclésiale.2

L’article ADISTA est repris par le site Wikipédia qui en tirera une page complète sur l’Alliance des Cœurs Unis. Une autre plainte pour diffamation sera déposée à l’encontre de ce site.

Plusieurs médias (Ouest France, Sud-Ouest, le Télégramme, la République des Pyrénées, Free…) parlent à leur tour des « dérives sectaires » de l’association, occultant systématiquement les conclusions de l’enquête. Ces articles à charge feront tous l’objet de droits de réponse que certains de ces médias ne prendront pas la peine de publier. En outre, les associations de lutte contre ce type de dérives reprendront intégralement et sans discernement le contenu de ces articles.

Face à ce processus de saturation médiatique, l’Alliance des Cœurs Unis cherche à obtenir le retrait des publications dont les propos sont jugés illicites, ce qu’elle obtiendra des associations GEMPPI, SOS Discernement et du site italien ADISTA. En revanche, les compléments d’information qu’elle tente en vain de publier sur Wikipédia seront systématiquement écartés par des anonymes de façon opaque.

Puis il sera à nouveau fait mention de dérives sectaires au sein de l’Alliance des Cœurs Unis par certains médias annonçant la visite fraternelle auprès du Diocèse de Bayonne. En réponse, elle publiera un communiqué le 27 mars 2024 précisant que « depuis la parution des conclusions de l’enquête ecclésiale […], un noyau de personnes mal intentionnées s’acharne à vouloir la discréditer à l’aide de propos mensongers et de véritables calomnies mis en ligne sur Internet, usant sans scrupule d’amalgames et de considérations gravement diffamatoires. Cette démarche de harcèlement à l’encontre de notre association et de sa fondatrice, allant jusqu’à remettre en cause l’intégrité et l’objectivité des enquêteurs et de leur enquête, se traduit insidieusement par des attaques sur l’intimité même et la vie privée de certaines personnes, jetant en pâture sur la place publique des données personnelles et familiales hors de propos voire mensongères »3.

Pendant la durée de cette enquête ecclésiale, les personnes à l’origine du signalement de 2022 auprès de la cellule des dérives sectaires de la Conférence des Evêques ont continué à « alerter » les autorités religieuses françaises et romaines, sans toutefois en informer l’évêque en charge de l’accompagnement pastoral de l’association. La teneur de leurs accusations évolue : ils s’en prennent désormais au contenu des écrits de la fondatrice. Ces courriels d’alertes reprennent en partie les amalgames et les insinuations d’ADISTA.


Certains rebonds médiatiques sous-entendent des considérations d’ordre psychologique concernant la fondatrice, évoquant des « délires » ou des « fantasmes ». Cette volonté délibérée de certains commentateurs de psychiatriser la fondatrice (« délires mystiques»)4 relève d’un jugement invalide et diffamatoire, puisqu’un tel diagnostic ne peut découler que d’un processus médical complet et abouti qui recouvre différents examens, conduits par des médecins dûment reconnus. 

En outre, la seule analyse des écrits ne permet pas de poser un quelconque diagnostic d’ordre médical5. Non seulement, cette interprétation doit reposer sur l’analyse de l’ensemble des éléments de communication mais elle ne peut se substituer à un processus médical.

Cette « psychiatrisation » publique est d’autant plus diffamatoire, en particulier de la part d’ecclésiastiques, qu’elle ne respecte pas la disposition du Droit de l’Église, qui fait de la notion de « bonne renommée », un droit fondamental à part entière, qui se doit d’être respecté6.

Il est à noter qu’aucun de ces prétendus experts en mystique n’aura rencontré la fondatrice. En revanche, un médecin neurologue, expert en phénomènes mystiques, qui lui la rencontrera, remettra à l’Église le 29 septembre 2019, un courrier dans lequel il se prononcera à propos de la fondatrice. Voici ce qu’il écrit : « […] après l’avoir rencontrée plusieurs fois, je peux m’avancer sur son comportement naturel et simple, son rayonnement spontané et son jugement équilibré […]. Mon ressenti par rapport à cette observation unique est qu’elle garde un grand équilibre psychologique […] je vous exprime mon avis favorable sur elle, l’ayant toujours trouvée égale à elle-même dans la pondération et le bon sens ».

Les deux enquêteurs ecclésiaux, au terme de 14 mois de travail, se prononceront également à son propos : « les rencontres avec elle nous ont laissé une très bonne impression. Nous avons découvert une croyante fervente […] bien engagée dans ses responsabilités, sincère et vraie, très équilibrée dans ses propos avec nous. » Ils ajoutent qu’ « il est important de respecter les personnes engagées dans l’association, à commencer par Gaëtane (et sa famille). Elles font preuve de beaucoup de dévouement, voire d’abnégation. Il ne serait pas juste de les traiter à la légère (par méfiance de toute expérience mystique ou par tranquillité pastorale), voire de nuire à leur réputation (à la limite du droit) »7.


Au vu de toutes ces polémiques, fin 2024, Monseigneur Aillet décide de saisir la commission doctrinale de la Conférence des évêques de France afin qu’une analyse théologique complémentaire des écrits de la fondatrice soit faite. Au même moment, un communiqué de l’AFP fait connaître l’existence des plaintes déposées par l’Alliance des Cœurs Unis. Ces deux éléments permettront que s’instaure un très relatif calme médiatique.

Mais, alors que les plaintes suivent leur cours, un proche du groupe de détracteurs entre en contact par mail et téléphone avec deux membres du bureau de l’association pour les inviter à faire abandonner la plainte, usant de menaces déguisées, qui relèvent de la tentative d’intimidation, délit passible de lourdes sanctions pénales8.

En octobre 2024, un article publié sur le site Actu.fr relance le processus médiatique. Il reprend les thèmes récurrents de mise en cause de l’association (mouvement politique royaliste, rites secrets sur une île…).

Le jour même (22/10/2024) l’association reçoit sur son adresse mail, le courriel d’un inconnu dont l’objet et le contenu textuel et cabalistique, accompagné de la photo d’une rose rouge (pouvant symboliser les « roses », membres de l’association), est empreint de menaces de destruction et de mort (dessins représentants une tête décapitée, un cavalier cagoulé poignardant un personnage à terre, des personnages encagés ou bâillonnés, etc.). Cette menace a été intégrée dans les différents dossiers de plainte en cours.

Cet acharnement, notamment à l’encontre des responsables de l’association, entraînera le dépôt de nouvelles plaintes individuelles auprès du Procureur de la République de Paris.


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  1. Lettre du 6 juin 2024 ↩︎
  2. Lettre du 30 juillet 2024 ↩︎
  3. Communiqué de l’Alliance des Cœurs Unis 27 mars 2024 ↩︎
  4. Pierre Vignon, diocèse de Valence ↩︎
  5. La sémiologie est l’étude des signes et de leur signification. L’approche sémiologique repose sur l’analyse des éléments de communication, qu’ils soient verbaux, visuels ou symboliques. ↩︎
  6. Canon 220 : « il n’est permis à personne de porter atteinte à la bonne réputation » d’autrui…Les droits énoncés dans le Canon 220 sont considérés comme des droits de l’homme. Devenus des droits fondamentaux, ils s’appliquent à tous, qu’ils soient fidèles ou non ↩︎
  7. Rapport sur l’association de l’Alliance des Cœurs Unis, Frère G. Narcisse & Mme Haushalter, 12/01/2024 ↩︎
  8. Article 434-5 du Code pénal ↩︎

Pour consulter les autres parties :

À propos de l’Alliance des Cœurs Unis, ce qu’il convient de savoir

1- La vocation de l’Alliance des Cœurs Unis

2- À l’origine de la mise en cause de l’Alliance des Cœurs Unis

3- Campagne médiatique et accusations de dérive sectaire

4- Poursuite du processus de dénonciation

5- Obéissance à l’Église Catholique Romaine

6- Accompagnement au sein de l’Église

7- À propos des locutions privées

8- Rapport de la commission doctrinale de la CEF