« Une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles. »

Pour honorer Notre Dame et son Assomption au Ciel, la liturgie nous offre cette vision glorieuse de l’apocalypse : l’enfantement divin et le combat céleste entre saint Michel et le dragon. Se trouve réunie, en une seule vision prophétique, notre dévotion au cœur immaculé de Marie et à Saint Michel, prince de la milice céleste. Alors la Bible tisse entre le prince des archanges et la reine du Ciel une alliance éternelle qui nourrit notre foi.

Je suis pourtant surpris que saint Michel ne combatte qu’après la naissance de l’enfant mâle, lorsque sa mère emmène son nouveau-né au désert.  Le messager divin n’aurait-il pas pu vaincre l’hydre avant qu’elle ne menace l’enfant et que la femme ressente les premiers signes de l’enfantement ? La Vierge accouche devant le dragon, alors la naissance participe au combat des anges, mieux même, elle annonce la Victoire ! C’est par la vie que Dieu terrasse le chaos et la mort, les deux ailes du monstre. En donnant naissance au salut du monde devant l’antique serpent, Marie déjoue la malice et donne la Victoire. C’est en enfantant que Marie écrase la tête du serpent qui avait embrumé celle d’Eve. Saint Michel, alors, tout dévoué à Notre Dame, apporte son concours à cette bataille. Lui, le messager de Dieu, est comme adoubé chevalier courtois de sa reine, la Vierge Marie. Luttant pour son roi, il accomplit ce que Marie avait initié et déjà manifesté.

Marie donne naissance à cet enfant, devant les crocs acérés du démon. Le Christ ne vient pas seulement parmi les hommes, sur notre terre, mais il vient au plus près des ténèbres. Se réalise alors la prophétie de David :  » Domine jusqu’au cœur de l’ennemi. » (Ps 109) Il n’a pas craint de prendre la nature humaine et d’affronter, avec la faiblesse du nourrisson, les sept diadèmes de cruauté. Il s’est abaissé jusqu’à se rendre vulnérable devant son ennemi. Alors le cœur immaculé de Marie, comme un bouclier, l’a protégé ; alors par sa force et sa loyauté, saint Michel l’a défendu, le glaive de sa fidélité levé vers Dieu. 

Voilà donc, en un seul texte, en une seule fête, nos deux dévotions réunies. Notre Dame et saint Michel se dressent l’un et l’autre comme les défenseurs et les protecteurs de notre salut. Voici qu’en Notre Dame et par saint Michel, se sont manifestées les promesses de Salut et la victoire définitives de Dieu sur le mal.

Père Antoine, aumônier