L’Alliance des Cœurs Unis et l’équipe organisatrice vous présentent leurs meilleurs vœux et vous souhaitent une belle et sainte année 2026 dans l’espérance et la confiance.
Quelle joie de se retrouver tous ensemble pour prier !
Puisse cette nouvelle année voir nos couronnes de prières continuer de porter chacun d’entre nous, dans la joie et l’amitié spirituelle. »
André-Marie d’Anselme, président
2025 ! L’Eglise a fêté le Jubilé de l’Espérance.
Et pour 2026 ? Cette espérance que nous avons reçue comblera notre nouvelle année. Les grâces que le Ciel nous prodigue continueront de croître et nous continuerons de vivre avec cette sainte Espérance.
L’Espérance du soutien du Seigneur pour nos familles.
L’Espérance de la bienveillance et de la bonté dans notre Église catholique.
L’Espérance de joie et de paix pour notre Alliance des Coeurs Unis
L’Espérance missionnaire pour chacun de nos groupes de prière.
Et l’Espérance de la vie éternelle pour ceux qui nous ont quittés.
Nous vous proposons une neuvaine toute simple à l’Esprit Saint pour nous tourner d’un seul et même cœur vers l’Hôte très doux de nos âmes et Lui demander de venir embraser nos cœurs pour la Pentecôte.
Nous le demandons pour nous-mêmes, pour nos familles, nos amis, pour la France, pour l’Église et pour la Paix dans le Monde. Nous emmenons dans cette prière tous ceux qui prient et tous ceux qui ne prient pas, par la puissante intercession du Cœur Immaculée de Marie Son Épouse Bien Aimée.
« JE SUIS VENU ALLUMER LE FEU SUR LA TERRE ET COMME JE VOUDRAI QU’IL SOIT DÉJÀ ALLUMÉ ».
Dire chaque jour de la neuvaine :
La prière « Viens Esprit Saint » ci-dessous,
Trois « Je vous salue Marie » en l’honneur de la Trinité comme nous le disons dans notre chapelet : – En l’honneur de la Vierge Marie, Fille bien aimée du Père, je vous salue Marie … – En l’honneur de la Vierge Marie, Épouse fidèle et parfaite de l’Esprit-Saint, je vous salue Marie … – En l’honneur de la Vierge Marie, Médiatrice de toute Grâce, Mère de notre Seigneur Jésus Christ, Mère de l’Eglise et notre Maman du Ciel, je vous salue Marie …
1 « Gloire au Père ».
Et si vous le désirez, vous pouvez ajouter l’invocation aux Saints du Ciel qui portent plus spécifiquement notre mission :
Sainte Jeanne d’Arc,
Saint Louis, roi de France,
Saint Joseph,
Saint Charbel,
Sainte Mariam de Pau,
Saint Michel Archange.
Nous vous souhaitons une très Belle, Sainte et Joyeuse Fête de la Pentecôte.
Père Marie Philippe
Viens, Esprit-Saint
Viens, Esprit-Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
Viens, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu, donne le salut final donne la joie éternelle.
L’Alliance des Cœurs Unis ainsi que tous les membres des groupes de prière, d’un seul cœur recouvert des deux saints Cœurs Unis, souhaitent à chacun d’entre vous un très saint et joyeux Noël, ainsi qu’une année dans la joie de l’Espérance et dans la Divine Volonté.
Nous vous proposons cette réflexion de forme orale d’un prêtre de l’Alliance pour ce temps de montée vers Pâques et vous souhaitons un bon carême.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 4, 1-11
En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable l’emmena à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.
Je voudrais regarder avec vous la tactique que prend le démon pour nous détourner de notre finalité et de notre regard vers le Père. A travers sa lutte contre les trois tentations du démon à la fin de ce temps de désert, Jésus va nous montrer comment il ramène le regard vers le Père. Je trouve cela essentiel.
Pour cela, je vous propose de regarder d’abord le récit de la tentation de nos premiers parents dans la Genèse.
Gn 3 01 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »
02 La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. 03 Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” »
04 Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! 05 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
06 La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.
Eve était conduite par Dieu, elle en était heureuse. Le démon, le plus rusé, voulant montrer à Dieu qu’Il s’ était trompé en voulant faire de l’homme son chef-d’œuvre, va faire en sorte qu’Eve détourne son regard de Dieu. Le serpent n’a pas de pattes qui lui permettraient de s’élever un peu de la terre, il colle entièrement au sol, il est donc l’animal le plus éloigné du ciel, d’où c’est lui qui est pris pour représenter le démon.
Celui-ci commence par attendre que l’autorité soit absente. C’est vrai, le diable a un problème avec l’autorité. Le démon commence par mentir pour avoir le vrai. Eve accepte de dialoguer avec le démon. Elle se sent en confiance, car elle ne connaît pas le mal. Et elle livre le secret qu’elle avait avec Dieu. Il est bon de savoir qu’il n’est pas permis au démon de connaître ce que l’on dit à Dieu dans notre prière.
Quand il vient tenter Eve, il va mettre le doute en elle puis, il lui vantera l‘autonomie de discernement. Ne plus recevoir de Dieu ce qu’Il veut nous donner mais décider soi-même. Cette désobéissance me coupera de la source de vie et donc, conduira à la mort. Jésus l’a très bien compris. Nous, un peu moins !!
Il va ensuite traiter Dieu de menteur, alors que c’est lui le menteur dès l’origine. Eve va l’accepter ! Séduite par ce que lui promet le démon : que ce soit elle qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. Or nous sommes dans un monde de confusion où, de plus en plus, le bien est regardé comme mal et le mal, comme bien. C’est très fatigant et déstabilisateur. Eve va donc se replier sur elle-même et va chercher à ce qu’Adam fasse de même.
Eve va prendre la place de Dieu, au centre, pour tout juger et finir par tout critiquer. C’est elle qui choisit de s’opposer à Dieu, à sa paternité. Elle a jugé que Dieu l’a trompée et qu’il faut s’en affranchir. Le fruit est que sa volonté humaine s’est affranchie et a faibli. Les passions peuvent passer au-dessus, être plus fortes que la volonté. La mort en est la conséquence.
[Le seul moyen, si on voulait en sortir, ce serait de remettre Jésus au centre. C’est-à-dire de mettre Jésus entre la réalité et moi-même. Ou, dit autrement : regarder l’autre comme Jésus le regarde, mais aussi telle réalité, circonstance et même moi-même. Fondre son regard en celui de Jésus. Puis, se demander ce que Jésus ferait à ma place, non pas ce qu’il ferait parce qu’Il est Dieu mais qu’est-ce qu’Il ferait alors que j’ai des qualités et aussi des défauts ? C’est-à-dire qu’est-ce qu’Il voudrait vivre en moi ? Et là, tout est rétabli, je désire me laisser conduire et que ce soit Lui qui me dise ce qui est bien et ce qui est mal. Face à celui qui a été méchant envers moi, j’accepte de me rappeler que Jésus est mort pour cette personne et moi, je suis prêt à aller jusqu’au bout dans l’ordre du bien pour cette personne ?]
Le démon regarde d’abord la faim du corps. En effet, ceux qui ont l’habitude de jeûner disent qu’après trois jours, on ne ressent plus la faim. C’est pour cela que l’Evangile dit que Jésus ressentit (à nouveau) la faim après 40 jours de jeune….
Le démon connaît bien les lieux de faiblesse de mes parents et ceux de mes grands-parents. Ainsi, il connaît les miens aussi. Mais il ne connaît pas Jésus ni sa Mère, Marie, et cela l’intrigue, il ne peut les tenter de l’intérieur, en se servant de leur imagination, comme il le fait pour nous. D’où, le « Si tu es le Fils de Dieu. » Il ne le dira plus à la 3e tentation car il s’agira là de proposer à Jésus qu’il adore non plus Dieu mais le démon.
Dans la 1e tentation donc, le démon invite Jésus à reconnaître la faim de son corps et de prendre l’initiative lui-même d’y répondre en faisant un miracle : changer les pierres en pain. Utiliser les super-pouvoirs de Dieu pour soi. Le démon veut nous couper de Dieu, de sa paternité au nom de l’efficacité.
Lors d’une rencontre avec le Père Jean-Marie Glorieux, jésuite, rencontré à Beauraing, celui-ci m’a rappelé que la sensibilité du corps aspire à Dieu. Ainsi, il est parti du psaume 62-63 et du psaume 83-84 : mon cœur et ma chair sont un cri vers toi. (« Mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair » ps 62 et « Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur, mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant » ps 83.)
La sensibilité crie sa soif de Dieu. Saint Matthieu a repris cela dans la 1e tentation. Le corps a soif de Dieu mais la tentation fait qu’il se replie sur sa soif, vers la nourriture terrestre et non vers Dieu. Le cri de soif de Jésus à la Croix manifeste combien Jésus a porté les soifs de nos corps vers Dieu.
Jésus répondra au démon que : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. » Ainsi, Il invite à tourner notre oreille vers Dieu qui me parle et pas seulement vers mon ventre qui crie. Et pourtant, on connaît le dicton : « Ventre creux n’a pas d’oreilles. » Ecouter la Parole de Dieu c’est se rappeler par Elle que Dieu est Provident, Il est Père. « Tout concourt au bien de celui qui fait le bien » ?
Qu’on se rappelle aussi l’existence d’un ressenti de solitude en chacun de nous. Saint Jean-Paul II, dans sa catéchèse du mercredi sur le mariage, l’appelle solitude originelle. Un ressenti qui ne part pas, même au moment où nous sommes le plus en communion avec l’être aimé. C’est difficile, à des moments plus que d’autres. Saint Jean-Paul II indique que Dieu nous a créés ainsi pour mettre une soif de Dieu en l’homme, dans sa chair. Celle-ci aspire ainsi à Dieu, elle aussi crie vers Dieu. Alors, on comprend mieux la réponse de Jésus à la 1e tentation. Jésus rappelle, nous rappelle que la faim la plus profonde en l’homme, Dieu seul peut y répondre, d’où l’importance d’écouter sa Parole. Ecouter sa Parole, c’est joindre le sensible dans notre lien avec Dieu car l’ouïe est activée ou alors la vue quand on lit l’Ecriture en silence. Elle ne le sera pas avec les deux autres tentations.
Le démon veut nous couper de Dieu et rendre égoïste la faim corporelle de notre corps. Jésus la replace dans le sens plénier de notre personne. L’homme ne vit pas que de pain ; certes aussi de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. Attendre de Dieu ce que Lui seul peut donner. Jésus n’a pas donné du tout une réponse morale à cette tentation, c’est à remarquer.
Le démon voit que Jésus n’est pas entré dans un dialogue avec lui, qu’Il s’est caché derrière l’Ecriture.
Alors, il va utiliser celle-ci aussi dans la seconde tentation. L’Ecriture dit que Dieu prend soin de sa créature : « Alors, jette-toi en bas » ! On voit que le démon a pouvoir sur le corps. Jésus a laissé le démon avoir pouvoir sur Lui. C’est surprenant, juste pour nous éduquer à ne pas avoir peur si le démon fait cela aussi avec nous.
[Car le démon se moque de nos fautes morales, ce qu’il veut c’est que, par nos fautes morales, nous attaquions nous-mêmes nos vertus théologales.]
Donc, le démon en cette seconde tentation, invite Jésus à tenter Dieu, à la vanité, à faire la gloriole en usant de Dieu, en se servant de Lui. Utiliser Dieu… ou les autres (les anges, nos proches…) pour notre gloriole.
Là aussi, quel serait le regard de Dieu que le démon cherche à nous faire oublier en nous repliant sur nous-mêmes, en nous faisant oublier la gloire de Dieu ? Saint Irénée dira : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. » Là, le démon nous invite à risquer notre vie (se jeter du pinacle du temple) afin d’obtenir plus de gloire humaine. Je ne cherche plus du tout la Gloire de Dieu, ni à faire sa Volonté, je ne Lui demande d’ailleurs pas ce qu’Il attend de moi, cette décision vient de moi, je ne cherche pas non plus à voir les risques, les conséquences auprès de mes proches. Je ne suis replié que sur moi-même et cherchant à utiliser les autres, et même Dieu.
La réponse sera l’humilité, c’est sûr. On se rappelle aussi la parole de Jésus : « Comment pouvez-vous croire vous qui cherchez votre gloire les uns des autres (Jn 5, 44) ? » Donc, par-là, le démon cherche à attaquer notre foi. Il cherche à nous faire oublier la recherche de la Volonté de Dieu sur nous et à nous faire oublier l’obéissance. Dieu est un Père qui veut notre bonheur et un bonheur que nous ne pouvons pas imaginer, au-delà de ce que nous pouvons désirer. Mais le démon nous fera désirer ce qui vient de nous, ce qui est à notre dimension. Le Père a un cœur plus grand !
Dans la 3e tentation, on change de registre de nouveau. Le démon montre à Jésus l’immensité de notre terre, des nations, de là où Dieu lui laisse un pouvoir. Et il va proposer à Jésus de recevoir le pouvoir sur ces peuples mais, car il y a toujours un « mais » avec le démon, mais si tu te prosternes devant moi, le démon, afin de m’adorer. La réponse de Jésus est nette : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Là encore, Il répond par la Parole de Dieu, qui est le premier des 10 commandements. Jésus ne dira pas au démon qu’Il a déjà autorité sur ces peuples et même plus grande que la sienne, Il préfère ne rien dire sur Lui. Pour la gloire, le pouvoir, l’efficacité, la possession, la domination es-tu prêt à vendre ton âme ? Veux-tu prendre ou recevoir en don gratuit ? Es-tu prêt à prendre le risque de ne pas recevoir ? A croire que tu peux ne pas être aimé jusque-là, que tu aies alors besoin de prendre pour être sûr d’avoir ce que tu veux ? Là encore, il y a oubli de la paternité de Dieu et Lui sait ce qui est le meilleur pour nous. Or, c’est l’adoration qui redonne et entretient ce regard, ce regard d’amour sur Dieu. C’est donc la séduction de l’orgueil pour tuer l’amour de Dieu dans le cœur de l’homme. Le prix pour la créature est cher à payer car elle ligote, remet son âme au démon pour qu’il ait autorité et pouvoir sur elle. Alors que l’adoration de Dieu va libérer l’homme de son insécurité, du regard et jugement des autres envers lui. Il va pouvoir s’appuyer sur Dieu qui est plus grand que lui et il est libre du ‘qu’en dira-t-on’ car l’âme sait que Dieu seul sera son juge et qu’Il sait quelle est son intention quand il réalise quelque chose.
Avec ce survol, on découvre mieux le but du démon et ce que Dieu avait voulu pour l’homme. Résumons cela en montrant :
Lutte contre
Remède
1re tentation :
Corps, plaisir
l’Espérance
Parole de Dieu
2e tentation :
Vanité
la foi
humilité
3e tentation :
Orgueil
l’amour de Dieu
adoration
Saint Matthieu qui a introduit le désert en soulignant que c’était poussé par l’Esprit-Saint que Jésus y allait, va ensuite donner les béatitudes. La première sera la béatitude des pauvres. Or, ensuite il montre que Jésus accomplit la Loi ancienne et fait entrer dans la Loi Nouvelle qui est la perfection de la charité, de l’amour de Dieu et du prochain. Et donc, face aux docteurs et aux pharisiens, Jésus montre qu’ils ont besoin d’entrer dans une pauvreté intérieure car avec le temps ils ont réduit la Parole de Dieu à ce qu’ils en ont compris et ils ont enseigné à regarder la Parole de Dieu ainsi. Ils l’ont humanisée, coupée de son lien vital avec sa source qui est Dieu, c’est la Parole du Père. Ils doivent donc rajeunir leur regard sur cette Parole et pouvoir laisser jaillir de nouveau l’amour de Dieu et du prochain dans leur cœur. Ils ont besoin de retrouver un lien direct avec le Père afin de redécouvrir qu’ils sont aimés, afin de pouvoir répondre eux aussi par l’amour.
C’est tout le but du Carême.
Le démon a perdu l’amour. Il a préféré son raisonnement, il sait ce que Dieu aurait dû faire dans sa Sagesse. Mais ce que Dieu a fait est différent et cela il ne l’a pas supporté et il veut montrer à Dieu qu’Il s’est trompé. Pour cela, il cherchera à couper l’homme de son regard sur Dieu et faire qu’il n’aime plus Dieu, qu’il n’ait plus confiance en Lui, que Dieu soit regardé comme Celui qui ne veut pas le bonheur de l’homme. Nous voyons cela avec Eve, dans le monde et dans nos vies. Pour cela, il nous fera tomber dans diverses fautes morales afin de nous disposer à attaquer les vertus théologales en nous.
Le projet de Jésus, c’est de nous faire redécouvrir le Père, sa bonté envers nous afin de renouer un lien filial et aimant avec Lui.
Que ce Carême soit pour chacun un chemin pour renouer son lien avec le Père. Les deux Saints Cœurs nous sont donnés afin d’apprendre au rythme de Jésus. C’est dans une grande pauvreté que Jésus vit son lien avec le Père. Mais c’est une pauvreté imprégnée d’amour. Qu’il en soit ainsi pour chacun de nous.
« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc 1, 15).
Le temps du Carême est par excellence le temps de la conversion à la foi. Comme Jésus le dit à ce père qui le suppliait de guérir son enfant possédé par un démon muet : « Tout est possible pour celui qui croit ». D’où la prière que nous voulons faire nôtre, tout au long du Carême : « Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9, 23-24). La prière, le jeûne et l’aumône seront vécus dans cette perspective et nous aideront à « passer toujours plus à la foi », là où nous pourrions avoir tendance à vivre comme si Dieu n’existait pas et à nous laisser entraîner à cette « apostasie silencieuse » (Jean Paul II) qui caractérise nos pays de vieille chrétienté.
Extrait de l’éditorial de Mgr Marc Aillet publié dans la revue diocésaine « Notre Eglise » n° 145 de mars 2023
À chacun d’entre vous, participants à notre belle couronne de prière de l’Alliance des Cœurs Unis.
Il est bien normal, à la fin d’une année, de faire un peu le bilan de ce que chacun et quelquefois ensemble, nous avons traversé. Dans l’humilité, sachons remercier notre Seigneur et Sa Sainte Mère, de toutes les Grâces qui nous furent accordées. Déposons en offrande bien modeste, les croix et les difficultés que nous avons rencontrées et par lesquels la Sainte Providence a permis que nous soyons purifiés et peut-être grandis. Si l’injustice nous a frappés, que nous puissions invoquer la Miséricorde sur eux qui en furent l’instrument… Et nous souvenir que chacun d’entre nous, nous sommes pécheurs. Et tout particulièrement, dans cette préparation de Noël, ne relâchons pas nos efforts pour porter ensemble, les brancards de nos petits boutons de rose malades ou écrasés par l’épreuve et qui se font offrande.
Gardons au cœur, la Mission spirituelle de la France et notre Sainte Eglise si meurtrie. Toute œuvre de purification est œuvre de Miséricorde. La Sainte Volonté Divine œuvre en nos vies vers notre propre sanctification.
Calme, Courage, Confiance… Espérance !
En ce temps de l’Avent, que chacun d’entre nous puisse retrouver son cœur d’enfant, en cheminant en compagnie des bergers, vers la grotte de la Nativité. Puissions-nous être capables de nous émerveiller de ce Don suprême, qu’est la venue de notre Sauveur : l’Enfant Divin.
Dans la contemplation de Sa Lumière, que brille sur nous Son visage et nous serons sauvés !
Mais en attendant, cheminant vers la montée de la crèche, ne lâchons pas des yeux, la Sainte Etoile que le Père nous envoie, en Marie l’Immaculée Conception, Mère de l’Emmanuel, pour converger vers la plus céleste des contemplations.
Saint et joyeux Noël et Confiance pour 2023, la Grâce ne saurait nous manquer !
Extraits de la conférence dispensée par Mgr Marc Aillet le vendredi 10 juin 2022 à Bayonne à l’occasion de la récollection annuelle de l’Alliance des Cœurs Unis (retranscription écrite de l’enregistrement audio)
« …/…. On ne peut pas rechercher une révélation autre que celle en qui Dieu nous a tout dit. On ne peut pas chercher une vision autre que ce que Dieu nous a fait voir en son Fils qui a dit : « Qui me voit, voit le Père ». Vous vous rappelez cela dans le chapitre 14 de Saint Jean, ce fameux discours après la Cène où Jésus, d’abondance du cœur, dit tous ses secrets à ses apôtres, qui nous les ont transmis dans l’Évangile.
Ce qui fait dire au Catéchisme au numéro 66 et suivants : « l’économie chrétienne étant l’Alliance nouvelle et définitive, ne passera donc jamais. Et aucune nouvelle Révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ ». C’est un passage de la constitution dogmatique sur la Révélation Divine (Dei Verbum) au numéro 4.
Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée. Il restera à la Foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles. C’est ce que l’on appelle sans doute de manière impropre, les progrès du Dogme, c’est-à-dire, des définitions de ce qui est à croire et dont la mission a été remise au Magistère suprême de l’Église, avec une assistance spéciale de l’Esprit Saint qui était promise par Jésus à son Magistère, à ses apôtres, et en particulier au premier des apôtres, qui est Pierre, et donc ses successeurs.
C’est ainsi par exemple que lorsque le bienheureux pape Pie IX définit le dogme de l’Immaculée Conception en 1854, il nous dit explicitement que cela appartient à la Révélation, ce n’est donc pas nouveau. C’est implicitement contenu dans l’Écriture Sainte, même si pendant des siècles, on a pu ergoter parmi les théologiens sur l’interprétation authentique de ces paroles, de ce message révélé qui nous a été transmis par l’Église, depuis le dernier apôtre.
Mais le bienheureux Pie IX, grâce aussi à la dévotion populaire du peuple de Dieu depuis des lustres, grâce au travail des théologiens, grâce à la scrutation de l’Écriture Sainte, peut dire que Marie était conçue sans péché en prévision des mérites de Son Fils qui mourra sur la Croix bien après avoir été conçu dans le Sein virginal de Marie, par l’action de l’Esprit Saint. Et contenu dans la Révélation. Donc ce n’est pas un ajout à la Révélation, c’est une explicitation par le Magistère de l’Église, de ce qui fait partie de la Révélation publique. C’est-à-dire la Révélation que Dieu a faite à l’humanité, à travers les hommes qu’il a choisis, les prophètes, les apôtres, qui sont les interprètes de Jésus, Exégète du Père comme disent les Pères de l’Église, Celui qui a la plénitude de la Révélation.
J’ajoute un passage qui nous concerne un peu, ça tombe bien, au numéro 67 : Au fil des siècles, il y a eu des révélations dites « privées ». Vous avez bien vu la différence entre la Révélation publique et les révélations privées, dont certaines ont été reconnues par l’Autorité de l’Église. Je pense par exemple au message de Lourdes, pour faire bref, au message de la Vierge Marie à Fatima, aux trois petits voyants de Fatima. Ce qui ne s’est pas fait sans doute sans douleur et ce qui ne s’est jamais fait de manière automatique. Mais toujours avec beaucoup de prudence. Cela, je vous en ai déjà parlé, je crois une autre année.
Ces révélations dites privées n’appartiennent cependant pas au dépôt de la Foi. Le rôle n’est pas d’améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Intéressant ! Ça montre bien que Dieu qui a parlé une fois pour toutes par Son Fils, Dieu qui nous a parlé à travers une Révélation publique, qui s’achève comme dit la Tradition, avec la mort du dernier apôtre. Cela veut dire qu’aucun pape, qu’aucun Concile Œcuménique ne pourra ajouter quelque chose et prétendre que Dieu leur dit quelque chose de nouveau, par rapport à ce qui était explicitement et implicitement, comme je l’ai dit tout à l’heure, révélé dans la Bible.
Mais quand il y a des révélations privées, Dieu continue d’accompagner son Peuple, vous voyez. Et à certains moments, il lui rappelle les vérités de la Révélation publique qui sont pourtant normalement enseignées par le Magistère ordinaire de l’Église, mais qui sont parfois oubliées ou délaissées, ou mal exprimées dans la vie courante de l’Église.
Alors parfois, le Seigneur, par la Vierge Marie, par Jésus Lui-même, à travers des messagers, essaie de préciser pour l’époque que nous vivons, dans cette étape de l’histoire du salut, et souligne tel ou tel point, telle ou telle dévotion, qui permettent de ramener sans cesse le peuple chrétien à l’adhésion radicale au message de la Foi.
Je le répète, elles n’appartiennent pas cependant au dépôt de la Foi, leur rôle n’est pas d’améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ mais d’aider à en vivre plus pleinement – à une certaine époque de l’histoire – guidé par le Magistère de l’Église – le sens des fidèles (Sensus fidelium) qui s’enracine dans ce que l’on appelle le « sensus fidei », c’est-à-dire, le sens surnaturel de la Foi qui nous donne d’adhérer, de manière collective du plus grand des Évêques au dernier des fidèles et de manière infaillible, au message révélé tel qu’il est contenu dans l’Écriture Sainte et tel qu’il est transmis dans le Magistère de l’Église à travers la Tradition.
Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui, dans ces révélations, constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église. C’est magnifique, ça ! Pourquoi ? Parce que c’est laissé à l’appréciation des fidèles ; c’est laissé à l’appréciation du sens de la Foi des fidèles !
Quand un messager, ou une messagère, en l’occurrence pour nous, nous transmet des messages qui lui viennent du Ciel, il ne vous appartient pas, pas même à moi, pour l’instant encore, de préjuger de l’authenticité des révélations. Cela suppose une enquête, bien précise de l’Église et il faut un peu de temps.
Ces révélations n’engagent sans doute que celle qui en est porteuse ou messagère et qui n’engagent que ceux qui y adhèrent au nom du sens de la Foi.
C’est la raison pour laquelle, figurez-vous, le pape Paul VI après le Concile a supprimé l’obligation d’obtenir l’imprimatur, c’est-à-dire, l’autorisation officielle avec le sceau d’un Évêque pour publier des révélations dites privées.
La seule vigilance que l’Église doit assurer et que j’essaie d’assurer quant à moi, puisqu’il m’a été demandé d’accompagner pastoralement l’Alliance des Cœurs Unis, c’est de m’assurer que cela ne conduise pas à des attitudes qui prennent des chemins de traverse, de m’assurer que ce qui est publié soit conforme à la Foi et aux mœurs de l’Église catholique, c’est-à-dire, conforme à la Révélation publique. Et qu’on n’y ajoute rien de plus. Et qu’on aide à approfondir et en vivre plus pleinement, à notre étape de l’histoire qui est si particulière, et qui fait partie de ce que l’on pourrait appeler avec saint Louis-Marie Grignon de Montfort, ces temps qui sont les derniers, sans que nous puissions quant à nous décréter quel est le jour, quelle est l’heure, puisque Jésus nous a dit que cela nous resterait inconnu jusqu’à la fin. Vous voyez, c’est tout.
Il ne s’agit pas de dire « oui, c’est vrai ». Ce qui est dit doit être conforme à la vérité révélée. Et votre attitude, à vous, quand vous y adhérez, vous n’adhérez pas à la personne de la messagère, vous adhérez à Celui et à Celle, Jésus et Marie, le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie, vers lesquels elle vous oriente pour vivre plus pleinement votre vie chrétienne dans sa radicalité, à travers la Consécration de votre vie aux deux Cœurs Unis de Jésus et de Marie.
Suis-je clair ? Et je termine par le dernier paragraphe du numéro 67 : la foi chrétienne ne peut pas accepter des révélations qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. N’ayez crainte, m’est d’avis que ce n’est pas le cas ! C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles révélations.
L’adhésion qui vous entraine à vivre plus pleinement votre foi chrétienne dans votre vie quotidienne ne repose pas sur l’autorité de la messagère. Cela ne lui confère aucune autorité sur votre vie chrétienne. Mais repose sur l’autorité du Christ qui l’a confiée à Son Église. C’est important de se redire ça, pas pour vous, parce que je suis sûr que vous en êtes tous absolument convaincus, mais pour ceux de l’extérieur qui ne comprennent pas toujours ce que vous vivez, ce à quoi vous adhérez, comment vous le vivez.
A vous précisément parce que vous êtes des adultes dans la Foi (et il faut cesser d’être dans le cléricalisme qui prétend tout régenter), à vous d’adhérer au nom du sens surnaturel de la Foi ; allez relire le paragraphe de la constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium », sur le mystère de l’Église ; allez relire le numéro 12 ! … Je crois que c’est un point important, qui définit ce qu’est le sens surnaturel de la Foi du Peuple de Dieu, dont vous êtes membres par votre Baptême, par votre Confirmation.
C’est ce qui était convoqué dans cette démarche synodale qui s’achève maintenant dans sa phase diocésaine, n’est-ce pas ? Comme le pape l’avait dit au début, le Synode n’est pas un sondage d’opinions, car si le synode était une collecte d’opinions des fidèles, on risquerait de trouver beaucoup d’opinions qui viennent finalement de l’esprit du monde et pas du sens authentique de la Foi.
Je peux vous dire qu’en lisant les contributions, à côté de très belles choses qui viennent en effet du sens de la Foi, je trouve des choses qui n’appartiennent pas à la Foi, qui ne sont pas de l’esprit de l’Évangile, qui sont de l’esprit du monde.
Ajoutons que le Synode n’est pas non plus un parlement où il s’agit de déterminer une majorité qui l’emporte sur une minorité selon le lobbying auquel on est habitué dans les parlements européen ou français, que sais-je encore. Non, ce qui était convoqué dans cette démarche synodale, cette consultation générale du peuple chrétien, demandée par le pape François, pour préparer le synode des Évêques d’octobre 2023, sur le thème « pour une Église synodale, communion, participation, mission » … c’est le sens de la Foi, l’adhésion du peuple de Dieu tout entier depuis les Évêques jusqu’au dernier des fidèles, comme je l’ai dit tout à l’heure, de manière infaillible aux vérités révélées. Sens de la Foi qui est suscité en nous par l’Esprit Saint et qui est conduit et formé par le Magistère de l’Église.
Donc, il est bien évident que vous n’allez rien réinventer, c’est ce qu’on vient de dire tout à l’heure ; ce que nous pourrons dire sur la vie de l’Église ne pourra que s’enraciner dans la Révélation publique, sans rien y ajouter, sans rien n’en retrancher ; même si ce sera aussi pour vivre peut-être plus pleinement à cette étape de l’histoire de l’Église, les vérités transmises par le Magistère de l’Église de manière fidèle depuis 2000 ans.
Donc le sens de la Foi mérite d’être formé, il mérite d’être toujours plus approfondi et pour adhérer à la Révélation publique et reconnaître ce qui, dans les révélations privées, nous permet de vivre plus pleinement notre Foi à cette étape de notre histoire, nécessite que vous formiez toujours plus le sens de la Foi, suscité par l’Esprit Saint, en étant toujours plus à l’écoute de l’Esprit Saint. Et où est-ce que l’Esprit Saint parle ? Avant de parler dans le cœur de chacun, il parle à travers la Parole de Dieu. La Parole de Dieu, c’est le fondement de toute vie chrétienne, car la Foi est d’abord une réponse, une obéissance, une adhésion à la Parole de Dieu qui nous est transmise à travers la Révélation et la Tradition de l’Église. D’accord ?
Donc je ne saurais trop recommander pour vivre plus pleinement votre Foi – je sais que vous avez à cœur de le faire dans vos groupes de prière – de partir de la Parole de Dieu et d’approfondir cette Parole avec le Magistère de l’Église.
Et le Magistère de l’Église nous a offert comme cadeau – comme vous le savez – cela fait déjà 30 ans – la célébration cette année du 30e anniversaire de la promulgation par la Constitution apostolique, s’il vous plait ! du Pape Saint Jean-Paul II, qui est le document de référence de la Foi chrétienne : le « Catéchisme de l’Église Catholique ».
Un membre de l’Alliance doit avoir, sans doute « les Secrets du Roi », il doit avoir le livre de prière du 3e volume, bien sûr, mais il doit avoir aussi, « quam primum », une Bible… complète… sans commentaires même si elle peut avoir des notes qui aident à la compréhension de certaines choses un peu difficiles à comprendre, une Bible… et un Catéchisme de l’Église catholique ! …./…. ».
Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron
À chacun d’entre vous, membres de l’Alliance des Cœurs Unis, qui avez choisi de vous consacrer tout particulièrement à Saint Michel et portez le scapulaire de notre confrérie Michaélique, nous attirons votre attention sur les informations suivantes. Après réflexion entre les aumôniers (de notre confrérie Saint Michel), au cœur de l’Alliance et notre Évêque référent, Monseigneur Marc Aillet, nous vous précisons certains points :
En raison de notre engagement dévotionnel à Saint Michel, il nous est tout particulièrement proposé la dévotion des premiers mardis de chaque mois en l’honneur de Saint Michel, protecteur de la France.
Un peu d’histoire pour comprendre :
En tout temps troublé, la France put toujours compter sur la protection du grand Archange Saint Michel.
Dès la construction d’une église sur le Mont-Tombe (le Mont Saint Michel actuel), Childebert III (683-711) inaugura la longue liste de nos rois qui se rendirent en pèlerinage « au péril de la mer ».
L’Empereur et Bienheureux* Charlemagne avait fait inscrire, en 802, dit-on, sur ses étendards :
« Saint Michel patron et prince de l’Empire des Gaules ».
*Citons Sainte Jeanne d’Arc, parlant à Charles VII : « Je vois Saint Charlemagne et Saint Louis, à genoux devant Dieu, intercédant pour vous ». A la suite de Sainte Jeanne d’Arc, l’Eglise reconnaît l’Empereur Charlemagne, au moins comme Bienheureux (cf. Benoit XIV, au 18ème siècle et Dom Guéranger, dans son Année liturgique et son culte actuel à Aix la Chapelle)
En 1212 eut lieu, au Mont Saint-Michel, une croisade de multitudes d’enfants, appelée les Pastoureaux de France. Sauvé in extremis d’un grave accident, Charles VII fonda en 1423 une Messe d’action de grâces en l’honneur de Saint Michel.
Dès l’année suivante, Sainte Jeanne d’Arc entendait l’Archange lui dire : « Je suis Michel protecteur de la France», et elle recevait ses premières leçons surnaturelles, la préparant à sa grande mission de salut pour « le Saint Royaume », le Mont Saint-Michel et Vaucouleurs, constituant les deux bastions de résistance à « l’invasion angloise », dans le Nord du Royaume.
Le fils de Charles VII, Louis XI, fonda le 1er août 1469, l’Ordre de Saint Michel, dont le collier entoure les armes de France.
En ce milieu du XVIIe siècle, les tout débuts du règne de Louis XIV furent marqués par les troubles de la Fronde.
Anne d’Autriche (1601-1666) assurait alors, auprès de son jeune fils, les destinées du Royaume, secondée par le Premier ministre, le Cardinal Jules Mazarin (1602-1661). Bien que Louis XIV ait atteint la majorité légale à ses treize ans, le 5 septembre 1651, il avait ce jour-là annoncé solennellement à sa mère : « Madame, je vous remercie du soin qu’il vous a plu de prendre de mon éducation et de l’administration de mon royaume. Je vous prie de continuer à me donner vos bons avis, et je désire qu’après moi, vous soyez le chef de mon Conseil ».
Pour pallier la révolte princière qui atteint à Paris son paroxysme, à l’été 1652, la Reine régente, fit mander à « Monsieur Olier », l’abbé Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657), curé de la paroisse Saint-Sulpice depuis dix ans, de requérir l’aide du Ciel pour faire cesser la guerre civile ravageant le Royaume.(Cette paroisse relevait non de la juridiction du Sieur Archevêque de Paris mais du Révérendissime Abbé de Saint-Germain-des-Prés).
Le « serviteur de Dieu », figure fondamentale de l’École française de spiritualité, suggéra la résolution suivante que prononça la Reine, Anne d’Autriche :
« Abîmée dans mon néant et prosternée aux pieds de votre auguste et sacrée Majesté, honteuse dans la vue de mes péchés de paraître devant vous, ô mon Dieu, je reconnais la juste vengeance de votre sainte colère, irritée contre moi et contre mon État et je me présente toutefois devant vous, au souvenir des saintes paroles que vous dîtes autrefois à un prophète, au sujet d’un Roi pécheur, mais pénitent : « J’aurai pitié de lui et lui pardonnerai, à cause que Je le vois humilié en Ma Présence ». En cette confiance, ô mon Dieu, j’ose vous faire vœu d’ériger un autel à votre Gloire, sous le titre de Saint Michel et de tous les anges et sous leur intercession, y faire célébrer, tous les premiers mardis des mois, le très Saint Sacrifice de la Messe, afin d’obtenir la paix de l’Église et de l’État ».
La souveraine acheva par cette supplique (ci-dessous) à l’Archange, que rapporte « Monsieur Faillon » (1799-1870), prêtre sulpicien, historien du XIXe siècle et biographe de l’abbé Olier :
« Glorieux Saint Michel, je me soumets à vous avec toute ma Cour, mon État et ma famille, afin de vivre sous votre sainte protection et je me renouvelle, autant qu’il est en moi, dans la piété de tous mes prédécesseurs, qui vous ont toujours regardé comme leur défenseur particulier. Donc, par l’amour que vous avez pour cet État, assujettissez-le tout à Dieu et à ceux qui le représentent ».
L’on ne sait exactement où Anne d’Autriche fit ériger un autel au Prince des Anges pour y faire célébrer solennellement, tous les premiers mardis du mois, le Saint Sacrifice de la Messe. Mais la paix revint promptement, le Roi fit son entrée triomphale dans sa capitale le 21 octobre et la France put alors connaître la stabilité et le rayonnement du « Siècle de Louis XIV ».
Les fondations de Messes furent assurées jusqu’à la Révolution de 1789. Il fallut attendre le milieu du XXe siècle pour que la France renouât avec cette belle tradition de la « Messe de Saint Michel pour la France ».
En 1943 en effet, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’abbé Constant Paulet, ressentant la nécessité d’un sursaut salutaire, lançait la parution du journal « Terre et Foi », y prônant la « maintenance chrétienne et terrienne de la France » et organisant une croisade de Messes « pour la France et pour la paix ».
En 1948 il fit sortir de l’oubli la Messe du premier mardi en l’honneur de Saint Michel et reçut l’imprimatur.
En 1956, une vingtaine d’Evêques l’encouragèrent. Le 15 juin 1962, le Pape Jean XXIII accorda sa bénédiction.
Depuis 1988, les Compagnons de Saint Michel Archange – dont feu l’abbé Christian-Philippe Chanut, fut l’aumônier comme Chapelain Prieur –, s’efforcent de faire revivre la spiritualité Michaëlique à la suite de l’abbé Paulet. Ils ont relevé cette vénérable tradition de la Messe mensuelle « afin d’obtenir la paix à l’Église et à l’État » et s’efforcent de la faire connaître et de la diffuser.
Il s’agit de célébrer, si les règles liturgiques le permettent, la Messe votive de Saint Michel (soit celle du 29 septembre, soit celle du 8 mai en Temps pascal), en offrant surtout l’intention de la Messe pour la France. (N’oublions pas de faire l’aumône d’offrandes de Messe. Notre Seigneur qui aime la France et Son Église, nous le rendra au centuple !)
Désormais, ayant pris conscience de cet héritage spirituel et historique, en tant que « Miquelots » dans l’Alliance des Cœurs Unis, nous chercherons à assister avec ferveur à la Messe en l’honneur de Saint Michel pour la France et l’Église, tous les premiers mardis du mois. Pour ceux d’entre nous qui ne pourraient y répondre, le chapelet aux Chœurs des Anges(1) leur sera proposé ainsi bien évidemment que le renouvellement de notre acte de consécration(1) à ce noble Archange.
Notre pèlerinage Michaëlique annuel, est maintenu pour la fête du 29 septembre, comme les années précédentes. N’oublions pas quotidiennement la prière à Saint Michel de Léon XIII(1), à l’issue de chacune de nos messes ainsi que chaque jour.
Les aumôniers Michaéliques de l’Alliance des Cœurs Unis.
Homélie de Mgr Beau lors de la Messe finale du pèlerinage de M de Marie à Pellevoisin
Les cœurs de nombreux membres de l’Alliance présents au sanctuaire de Notre Dame de Miséricorde Pellevoisin les samedi 12 et dimanche 13 septembre se sont réjouis lors de la célébration de la fin du pèlerinage du « M de Marie ».
En effet, Mgr Beau, évêque de Bourges, diocèse situé en Berry au cœur de la France, y couronna la Sainte Vierge puis consacra solennellement son diocèse aux Deux Saints Cœurs Unis de Jésus et de Marie en présence de l’anneau de Jeanne d’Arc. Merci à cet évêque courageux.
HOMÉLIE DE MGR BEAU Messe de clôture du « M de Marie » Pellevoisin – 13 septembre 2020
Mgr Beau : Frères et sœurs, au long de ce grand « M » qui a traversé la France, alors même que nous traversions Lourdes, Pontmain, La Salette, Pellevoisin, la rue du Bac, nous nous sommes posé une question : comment se fait-il que la Vierge Marie soit apparue si souvent au XIXe siècle ? Comment se fait-il qu’elle soit devenue si bavarde, elle qui est plutôt silencieuse dans l’Évangile et qui nous donne comme ultime parole dans l’Évangile la seule parole qu’il convient de dire à Dieu notre Père : le « oui ». Cependant, si elle a cru bon – elle a eu raison – d’apparaître si souvent au XIXe siècle, c’est parce que ce fut une période où l’homme est fasciné par sa toute-puissance : toute-puissance industrielle. Et dans cette toute-puissance de l’homme, voilà qu’il oubliait le sens de sa vie, qu’il oubliait l’ouverture à Dieu. Pris par la toute-puissance du renouveau industriel, l’homme s’était laissé enfermer sur lui-même.
Aujourd’hui, le « M de Marie » a été suivi par des foules, des foules anonymes, des foules qui, parfois le matin même, ne savaient pas qu’elles allaient suivre la Vierge Marie. Le pas du cheval et le pas de l’homme ont donné à tant d’hommes et de femmes de retrouver le chemin de leur cœur, le chemin de la foi, le chemin de l’amour ou de l’espérance.
Ce grand « M » de la Vierge Marie, qui nous a conduits à relire les apparitions du XIXe siècle, se situe, aujourd’hui, à une époque où l’orgueil de la toute-puissance biologique, de la toute-puissance scientifique, fait de l’homme l’objet de cette toute-puissance jusqu’à l’asservir ou, parfois, jusqu’à lui refuser la vie, pour des questions psychosociales à l’heure même de sa naissance. Non, le désir parental ne peut pas décider d’une existence. Une existence humaine est un don que les parents sont amenés à recevoir pour lui-même, et non pour eux. La Vierge Marie, en apparaissant au XIXe siècle pour ouvrir le cœur de l’homme au-delà de la toute-puissance industrielle, nous rappelle aujourd’hui, par ces apparitions, que l’homme doit ouvrir son cœur au sens de l’existence qui est en Dieu, pour ouvrir la toute-puissance scientifique ou biologique à une autre puissance, celle de l’amour humble et pauvre qui vient irriguer le cœur de l’homme pour lui apprendre le pardon, la paix, l’amour et la joie.
Sur ce chemin, il a fallu le « oui » de la Mère de Dieu. Savait-elle, au moment où elle disait oui, à quoi elle disait oui ? Eh bien oui. Elle le savait, parce qu’elle avait lu le livre du Premier Testament, elle avait lu les Prophètes, elle avait lu le Pentateuque, elle l’avait médité, et elle savait qu’en disant oui à l’ange Gabriel, elle disait oui au salut pour l’humanité. Son cœur était déjà tout tourné vers le cœur de Dieu qui a tant aimé les hommes que, uni à tous les hommes, il voulait leur donner le salut et la vie. Le « oui » de Marie est un acte libre, un acte libre parce qu’un acte d’amour. La générosité du don rend l’homme libre. Ce que l’homme retient comme un dû pour lui-même le rend esclave de lui-même. Le oui de Marie à la volonté du Père est le « oui » amoureux d’une liberté qui se donne et qui sait que c’est dans le don qu’une liberté peut grandir et advenir, et que c’est dans le dû que, justement, la liberté se perd dans le marasme et l’esclavage de nos propres désirs qui viennent semer la division entre les hommes, lorsque le désir de l’homme autocentré vient lui faire refuser la bonté et le don aux pauvres qui réclament amour et miséricorde.
Seigneur Jésus, avec la Vierge Marie, nous avons traversé la France. Avec la Vierge Marie, nous avons rendu grâce pour ta présence sur la route. Nous avons rencontré des cœurs aimant ta Mère et notre Mère, la Vierge Marie. Au pas du cheval, au pas de l’homme, nous avons écouté la Vierge Marie. Elle a intercédé auprès de Vous, Seigneur Jésus, pour la France, pour la création et pour le monde. Elle a intercédé pour un monde de fraternité. Elle nous a dit sa souffrance devant l’humanité prisonnière de sa toute-puissance, enfermée sur elle-même. Pour nous ouvrir au dessein bienveillant de Dieu le Père, elle nous a montré son cœur – l’apparition du 19 février, ici, à Estelle Faguette –, son cœur uni à celui de son Fils Jésus, un cœur humain, un cœur tout divinisé par le don de Dieu, un cœur divin dont l’amour vient nous sauver. Elle nous a dévoilé ce cœur qui a tant aimé le monde. Ici, la Vierge Marie donne à Estelle Faguette – cette femme pauvre, servante qu’elle vient de guérir miraculeusement – la mission de faire connaître ce cœur qui a tant aimé le monde. Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique. Aller jusqu’au cœur du Christ, se laisser conduire par le cœur de la Vierge Marie, c’est aller jusqu’au fond de nous-mêmes, jusqu’à l’intimité de notre être : Dieu est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes, et son cœur au fond de nous apprend à notre cœur ce que c’est qu’aimer, se donner, ce que c’est qu’aimer dans un acte libre qui transforme le monde, mais dont la loi de l’amour est celle du don total, du don infini, du don de miséricorde.
Au-dessus de cette croix se trouve la couronne d’épines. La croix est le trône où notre Roi, Dieu à jamais, est uni à l’humanité. Voici notre Roi : il est sur le trône de la croix, et son cœur est éternellement ouvert. Nul n’a pu transpercer le cœur du Christ, car il était déjà ouvert. Et de ce côté ouvert coulent sans cesse l’eau du baptême, pour que nous soyons irrigués de la vie divine, et le sang de l’Eucharistie, pour que nous devenions celui qui nous aime : le Christ notre Sauveur. Et la Vierge Marie nous porte en son sein, pour que nous nous laissions enfanter, que nous nous laissions mouler (comme dit saint Louis-Marie Grignion de Montfort) dans la Vierge Marie, pour devenir ce que nous sommes. Et si nous devenons ce que nous sommes, alors nous mettrons le feu au monde, nous dit sainte Catherine de Sienne. Devenir ce que nous sommes dans un acte d’abandon, cet acte d’abandon qu’Estelle Faguette a appris peu à peu à faire, jusqu’à en être guérie, l’acte d’abandon de notre Roi : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »
La royauté du Christ est dans cette confiance libre et amoureuse au Père, cette confiance que la Vierge Marie a enseignée à Estelle avant sa guérison, afin de la préparer. S’en remettre à l’amour du Père, croire que, pour avancer, il faut être désarmé : désarmé de nos murs et avant-murs, pour se laisser envahir par un amour qui est toute-puissance, qui renverse les puissances de ce monde. Ce monde se laisse enorgueillir par la puissance : puissance des armes, puissance de la technique, puissance aussi, parfois, du mensonge. Et voilà que le Christ – Chemin, Vérité et Vie – vient nous apporter la vie, parce qu’il nous apporte la vérité de notre être. La vérité de notre être, c’est que nous sommes enfants de Dieu : tout homme, toute femme, tout enfant, est enfant de Dieu et porte en lui cette dignité qui ne vient pas d’être homme, mais qui vient de ce que l’homme porte plus grand que lui : Dieu lui-même. Cette dignité ne peut jamais être détruite. Nulle puissance humaine ne pourra détruire la dignité de l’homme, parce que cette dignité ne vient pas de l’homme : elle vient de Dieu qui habite en l’homme et qui a répandu dans son cœur le don de l’Esprit Saint. Il ne suffit pas de parler de dignité pour que la dignité de l’homme soit respectée. Il faut encore porter en son sein cette dimension d’un homme qui porte en lui plus grand que lui-même. Ce qu’il porte plus grand que lui-même, c’est ce pardon, ce pardon infini.
Le Fils, les fils et frères de Jésus ne sont pas là pour entrer dans un combat de puissance, entrer dans un combat de polémique. Ils sont là simplement pour offrir la guérison d’un amour infini qui va jusqu’au pardon, et qui vient au cœur même de nos blessures leur apporter la cicatrisation et qui donne à chacun d’entre nous, dans nos cicatrices, de devenir, au cœur même de ces blessures, la porte par laquelle l’amour entre et l’amour se donne. Le Christ nous a donné cet amour infini qui pardonne sur le trône de sa royauté, la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » La royauté est dans l’infini de l’amour : aimer et toujours aimer et encore aimer. L’objet du discernement de l’homme n’est pas dans la rationalité, enfermée sur elle-même ; l’objet du discernement de l’homme est l’amour même de Dieu qui se donne et qui devient le cœur même de ce qui habite notre raison, pour être raisonnable, d’une raison plus grande que notre raison enfermée sur elle-même : la raison même de l’amour de Dieu. Le cœur du Christ est ouvert. L’eau du baptême et de la renaissance humaine ne cesse d’être répandue sur le monde. Le sang du Christ ne cesse de transformer l’humanité, en lui donnant déjà sur cette terre d’avoir part à la royauté de Dieu. Cette royauté est déposée sur une femme : la Vierge Marie, la Vierge Reine, la Vierge couronnée. Cette Vierge couronnée est cette Vierge Reine. Elle l’est, parce qu’elle est la première de toute l’humanité à avoir suivi le premier-né d’entre les morts, corps, esprit et âme, dans la totalité de sa personnalité et de son humanité. Elle est la première à avoir suivi le premier-né d’entre les morts et à avoir accédé à la communion du Père pour l’éternité dans la gloire de l’unité du corps, de l’esprit et de l’âme. Ainsi, nous sommes, par elle, guidés. Le chemin est ouvert pour que, nous aussi, nous comprenions que notre vie est en Dieu, que notre avenir est en Dieu, que nous sommes faits pour Dieu et que notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en lui.
Au-delà de l’Assomption que nous avons fêtée avec le « M de Marie » d’une façon, j’oserais dire, majestueuse dans la ville de Paris en traversant de la rue du Bac à Montmartre, nous voici maintenant au cœur de la France, au centre de la France, à Pellevoisin, ce cœur de la France où le cœur de la Vierge Marie est uni au cœur du Fils. Le couronnement de la Vierge Marie manifeste que l’homme ouvert à la grâce participe à cette royauté du Christ. Nous sommes appelés à participer à cette royauté du Christ à laquelle la Vierge Marie participe pleinement comme Reine, comme Vierge Reine, parce que Marie Reine est celle qui porte, justement, la figure du destin de l’humanité. Le destin de l’humanité, le destin personnel, n’est pas un fatalisme auquel nous serions soumis et auquel la prière nous ferait consentir. Le dessein bienveillant de Dieu, la destinée de chacune et de chacun d’entre nous, c’est l’acte libre d’amour où nous pourrons, en courant vers le Père, découvrir les bras du Père ouverts et, en lui, vers lui, par lui, ouvrir les bras, nous laisser enlacer par lui, en lui disant : « Je suis un pauvre pécheur, mais je t’aime et je veux vivre de cette royauté de l’amour toute ma vie, sur cette terre, pour en vivre au ciel. » Marie Reine est justement la première de toute l’humanité à nous signifier cette royauté à laquelle nous avons part et à laquelle nous sommes appelés : la royauté de la pauvreté, de la simplicité et de l’humilité de l’amour, mais cette toute-puissance d’un oui à dire à Dieu.
En couronnant la Vierge Marie de Pellevoisin, c’est finalement chacune et chacun d’entre nous qui est appelé à porter la couronne de la royauté, couronne d’épines et couronne majestueuse couverte de diamants, de jaspes et de rubis, comme nous dit l’Apocalypse 21. C’est ce chemin-là où la royauté de Dieu se dit dans la pauvreté d’une femme, la Vierge Marie, première de toutes les femmes, première de tous les hommes à être couronnée de cette couronne d’amour que nous recevons et que nous avons à porter au monde comme une bonne nouvelle et comme une espérance.
Aujourd’hui, maintenant, il convient que nous puissions couronner la Vierge Marie et, en célébrant la Vierge Marie Reine, découvrir ainsi cette participation au royaume de Dieu, comme nous dit le Christ : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice ». Pour cela, accueillons la Vierge Marie Reine, pour contempler et aimer le Christ Roi.
Chaque jour : – le Confiteor ou “je confesse à Dieu” – la prière à saint Michel – 3 Pater, 3 Ave, 3 Gloria – la prière du jour.
Si possible, vivre une confession et l’Eucharistie durant la neuvaine. Nous vous proposons aussi de réciter la prière, en fin de feuillet, à Notre-Dame généralissime des Armées célestes.
Confiteor : Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères, que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission ; oui, j’ai vraiment péché. C’est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
Prière à saint Michel : « Saint Michel Archange, rempli de la sagesse de Dieu, fort dans le combat, viens à mon aide, soutiens-moi dans les difficultés, les épreuves, quand je souffre, quand je doute, quand je pleure. Obtiens-moi le courage, la force, la volonté, pour ne pas me laisser abattre. Saint Michel Archange, sois mon défenseur et protecteur contre les forces du Mal. Me confiant en l’intercession de votre Bienheureux Archange Saint Michel, je vous supplie, Seigneur Père, Fils et Saint-Esprit, de m’accorder la grâce… (d’être chacun à son poste dans la Divine Volonté prêt à servir à chaque instant là où Dieu le veut. De la bonne organisation de ce pèlerinage au Mont Saint Michel où nous présentons l’Eglise, la France ainsi tous les fidèles et les mouvements composant les apôtres des derniers temps. Ainsi que la grâce de l’union des cœurs, de vivre de l’unité de la communion des Saints.)
Prières pour chaque jour de la neuvaine :
* PREMIER JOUR (en l’honneur des Séraphins) Prince très glorieux de la Milice céleste, Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les princes et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants répandus dans l’air. Venez au secours des hommes que Dieu a faits à l’image de Sa propre Nature, et rachetés à grand prix de la tyrannie du démon. Ainsi soit-il.
* DEUXIÈME JOUR (en l’honneur des Chérubins) Saint Michel, Prince de la Milice des Anges, je vous invoque, exaucez-moi. Je vous supplie de prendre mon âme, au dernier jour, sous votre très sainte garde et de la conduire au lieu de rafraîchissement, de la paix et du repos, où les âmes des saints attendent dans la joie ineffable le jugement à venir et la gloire de la résurrection glorieuse. Que je parle ou me taise, que je veille, que je marche ou me repose, gardez-moi dans l’accomplissement de toutes mes œuvres, dans tous les actes de ma vie. Préservez-moi des tentations des démons et des peines de l’enfer. Ainsi soit-il.
* TROISIÈME JOUR (en l’honneur des Trônes) Grand défenseur du peuple chrétien, Saint Michel Archange, pour remplir dignement la mission qui vous a été confiée de défendre l’Église, terrassez l’hérésie, exterminez les schismes et confondez l’incrédulité. Multipliez vos victoires sur les monstres infernaux qui veulent détruire notre foi. Que l’Église de Jésus-Christ accueille de nouveaux fidèles et s’agrège des royaumes entiers afin qu’elle puisse peupler le Ciel d’âmes élues, pour la plus grande gloire du divin Rédempteur, à qui vous-même devez vos triomphes, vos mérites et votre éternelle félicité. Ainsi soit-il.
* QUATRIÈME JOUR (en l’honneur des Dominations) Ô vous, qui êtes le prince et le Porte-Étendard des bons Anges, assistez-moi toujours dans votre bonté et sauvez-moi. Des légions de l’ange des ténèbres préservez-moi, afin que, sous votre conduite, je partage la lumière des bons Anges. Devant le trône du Juge Suprême, soyez mon défenseur, plaidez ma cause et conjurez la colère du Juste Vengeur. Que, par vous, à mes travaux, à mon repos, à mes jours et à mes nuits soit donnée la prospérité ; que ma pensée soit toujours prête pour les œuvres de Dieu. Ainsi soit-il.
* CINQUIÈME JOUR (en l’honneur des Puissances) Saint Michel Archange, vous que la sainte Église vénère comme son gardien et protecteur, à vous le Seigneur a confié la mission d’introduire dans la céleste félicité les âmes rachetées. Priez donc le Dieu de paix d’écraser Satan sous nos pieds afin qu’il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l’Église. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, sans tarder, le Seigneur nous fasse miséricorde. Vous-même, saisissez le dragon, l’antique serpent, qui est le diable et Satan, et jetez-le enchaîné dans l’abîme, pour qu’il ne séduise plus les nations. Ainsi soit-il.
* SIXIÈME JOUR (en l’honneur des Vertus) Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du redoutable jugement. Prince très glorieux, souvenez-vous de nous, partout et toujours. Quand vous combattiez le dragon, on entendit dans le ciel la voix de ceux qui disaient : “Salut, honneur et gloire au Dieu Tout-Puissant !” La mer se souleva, la terre trembla, quand vous descendîtes du Ciel, venez au secours du peuple de Dieu. Ainsi soit-il.
* SEPTIÈME JOUR (en l’honneur des Principautés) Ô ! Saint Michel, Prince trois fois saint de la Milice sacrée, chargé par Dieu d’organiser et conduire les phalanges angéliques, très digne de tout culte, de toute louange et de tout éloge : éclairez mes sens intérieurs, fortifiez mon pauvre cœur agité par les tempêtes de cette vie, élevez vers les hauteurs de la céleste sagesse mon esprit incliné vers les choses de la terre; affermissez mes pas chancelants et ne permettez pas que j’abandonne le sentier qui conduit aux Cieux; guérissez les plaies de mon âme; faites disparaître la trace de toutes les souffrances qu’engendrent en moi mes misères et mes malheurs. Ainsi soit-il.
* HUITIÈME JOUR (en l’honneur des Archanges) Archange Saint Michel, qui avez pour mission de recueillir nos prières, de diriger nos combats et de peser nos âmes, je rends hommage à votre beauté, — si semblable à celle de Dieu, qu’après son Verbe éternel aucun autre esprit céleste ne vous est comparable, — à votre pouvoir sans limites en faveur de ceux qui vous sont dévots; à votre volonté, harmonieusement unie à celle du Cœur Sacré de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, pour le bien de l’homme. Défendez-moi contre les ennemis de mon âme et de mon corps. Rendez-moi sensible au réconfort de votre assistance invisible et les effets de votre vigilante tendresse. Ainsi soit-il.
* NEUVIÈME JOUR (en l’honneur des Anges) Glorieux Archange Saint Michel, grand zélateur de la gloire de Dieu et protecteur de l’Église universelle, vous à qui le Tout-Puissant a confié la mission de recevoir les âmes à la sortie du corps pour les présenter au très juste Juge ; daignez me secourir dans mon dernier combat. Accompagné de mon bon Ange gardien, venez à mon aide et chassez loin de moi tous les esprits infernaux. Ne permettez pas qu’ils m’épouvantent alors. Fortifiez-moi dans la Foi, l’Espérance et la Charité, afin que mon âme, portée par vous à son juge, soit introduite aussitôt au lieu du repos, pour y régner éternellement avec son Rédempteur, dans la société des Esprits bienheureux. Ainsi soit-il.
– Prière à Marie généralissime des armées célestes : Auguste Reine des cieux et maîtresse des Anges, vous qui avez reçu de Dieu, dès le commencement, le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, nous vous le demandons humblement, envoyez les légions célestes pour que sous vos ordres, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme. Qui est comme Dieu ? O bonne et tendre Mère, vous serez toujours notre amour et notre espérance. O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi. Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.