Message de Noël du Père Antoine


Qu’êtes-vous venus voir dans la crèche ?


Entourés d’enfants ou non, à Noël nous nous approcherons d’une crèche et nous contemplerons cette scène merveilleuse.
Mais que sommes-nous venus voir ?
Nous regardons une naissance, une mère et son Fils, mais que sommes-nous venus voir ?
N’y aurait-il rien de nouveau dans la crèche, cette année ?
Que sommes-nous venus voir ?

Nous qui sommes consacrés à l’Alliance des Cœurs unis de Jésus et Marie, à la crèche, nous venons écouter le cœur de ce nouveau-né battre de lui-même. Quelques instants auparavant, il battait dans le ventre de sa mère, il vivait par la vie de sa mère. Et quelques mois avant encore, le cœur du Fils naissait du cœur de sa mère.
Deux cœurs unis en un même sein. Deux cœurs unis qui gardent leur proximité même après cette venue au monde. La naissance du Christ n’a pas altéré la Virginité de la Vierge Marie qui ne souffre pas de l’accouchement, ainsi la naissance du Fils n’a pas altéré l’unité avec sa Mère et l’union de leur cœur.

A la crèche nous contemplons cette unité des cœurs conservée au-delà de cette naissance.

Que sommes-nous venus voir ?
Nous qui, dans l’alliance, en ce moment vivons notre foi et notre consécration dans la discrétion, nous sommes venus contempler le Salut du monde qui vient sans bruit, dans le silence de la nuit et le calme d’une étable, au détour d’un petit village. Nous sommes venus admirer comment Dieu agit plus efficacement dans l’humilité de la crèche et dans le silence de la nuit que dans les bruits du monde et le tumulte de la crèche. Nous venons voir le calme de la mangeoire pour goûter la grâce divine de la discrétion et de la prudence. Dans la quiétude de la crèche, le salut est à l’œuvre ; dans la quiétude de l’Alliance, Dieu est à l’œuvre. Nous vivons à l’heure de la crèche.

Que sommes-nous venus voir dans la crèche ?
Dans le silence de la nuit, au côté de Joseph et Marie, nous sommes rejoints par des bergers, puis des mages et même sans doute des villageois curieux. Et dans cette foule chamarrée, nous voyons du courage et de la persévérance. Ils ont traversé la nuit, bravé les déserts et les tyrans, ils ont quitté la chaleur de l’âtre et le confort de l’oreiller pour rejoindre le Christ.

Alors nous comprenons qu’il y a une joie immense à garder courage et persévérance. Nous serons semblables aux bergers et, avec eux, conviés jusqu’à la crèche de Bethléem. Vivons selon le courage des Bergers et l’audace des Mages.


Père Antoine
Conseiller spirituel de l’Alliance


Venons contempler le Salut du monde qui approche sans bruit,
Écoutons ce Cœur de nouveau-né battre de Lui-même.
Vivons à l’heure de la crèche.

Le Sauveur est né : désormais, qu’avons-nous à craindre ?
Allons donc L’adorer, allons Le reconnaître,
Notre Dieu réduit à l’enfance.

Vierge Mère, avec votre cher Fils :
Vite, vite, prenez mon cœur,
Et donnez-le à Jésus, mon Sauveur !

Méditation proposée par notre aumonier général le Père Marie-Philippe

Jésus, l’Envoyé du Père, n’a pas choisi une période facile pour vivre au milieu de nous, l’Histoire nous le dit, les mystiques aussi. De même, notre monde a des côtés douloureux et heureux, nos familles aussi bien souvent.

Les Cœurs Unis de Jésus et de Marie nous appellent à vivre dans leur unité. Celle-ci, lors du Mystère de la Croix, se vit dans le mystère de la Compassion envers nous. Ils ont porté le monde dans l’ardeur d’un même Amour et pour répondre à l’Amour du Père envers Eux.

A Bethléem, dans la froidure de la crèche, Jésus sort miraculeusement du sein de Marie comme miraculeusement Il y était entré à l’Annonciation. Les bras de Marie portent Celui Qui porte tout l’Univers. Elle découvre son visage et heureuse, Elle le montre à Saint Joseph. Moment de bonheur partagé entre eux trois avant de le partager avec les bergers puis les Rois mages et le monde. L’épreuve de n’avoir qu’une étable à offrir au Fils de Dieu se relativise plus facilement devant le Mystère de la Vie qui se manifeste en ce petit Enfant.

Alors que les évêques de France encouragent leurs fidèles à prier pour que la vie soit respectée en tout être humain, du début à son terme naturel, Jésus nous a montré qu’Il a voulu vivre toutes ces étapes de notre vie humaine. ‘Le Verbe de Dieu’ n’a pas craint de ‘se faire chair’ afin que nous respections la chair humaine qu’Il a sanctifiée en la revêtant.

La Providence nous a tous liés à des personnes. Par la charité présente ces liens demeureront jusque dans le Ciel, même si au long des années nous avons fini par oublier certains visages. L’Amour de charité donne un poids d’éternité à ces liens. Ces personnes peuvent être plus ou moins nombreuses et les liens plus ou moins intenses. Avec du recul, nous pouvons apprendre à les recevoir du Père. Il nous les a confiées. Grâce à elles, Marie peut nous faire entrer dans son Mystère de Compassion afin de les faire entrer davantage dans la Vie de Jésus.

Saint Luc nous dit que Marie gardait dans son Cœur tout ce que les bergers ont raconté de leur rencontre avec les anges du Ciel.

Que par le Mystère de la Compassion chaque bouton puisse entrer progressivement dans l’unité des Saints Cœurs Unis dont le Mystère de Noël est une première étape. Vous l’aurez compris, c’est par un Amour inconditionnel, qui nous appelle à porter chacun de nos proches, pour les rendre dépendants non de nous mais du Christ, que chacun va apprendre à donner la Vie de Jésus. C’est un mystère d’enfantement. « Qui sont ma mère et mes frères ? » Luc 8, 21.

Joyeux Noël à chacun, à vos familles et à ceux que vous portez dans votre cœur et votre prière.

Noël–natalis–naissance

Chers membres de l’Alliance des Cœurs Unis,

A l’approche de Noël, c’est avec joie que je vous offre cette petite méditation sur Noël pour aider chacun, je l’espère, à entrer dans ce mystère.
Que Marie vous aide à la comprendre si besoin et surtout qu’Elle vous en fasse vivre pour votre PAIX.

fr Marie-Philippe, aumônier de l’Alliance

Noël–natalis–naissance

Noël est une fête de présence ! Le Père nous donne son Fils à contempler !

A Noël, Jésus est rejeté par les hommes, pas de place à l’hôtellerie, et par le pouvoir politique, Hérode cherche à le tuer. A la Croix, il est rejeté par le pouvoir religieux et par le peuple qui, quelques jours auparavant, l’acclamait.

Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, de toute éternité, ont choisi la Vierge Marie comme Paradis sur Terre pour que le Verbe se fasse chair. Dans ce lieu d’amour Il a grandi en Paix. Il s’est senti chez Lui.

Sa naissance l’oblige à rencontrer notre monde tant marqué par le péché. Sa sensibilité est si pure qu’Il ressent tout avec une grande intensité. Ce qui le console, c’est le cœur de sa Mère, son sourire, ses bras, son lait maternel. Il constate la froideur du temps, le rejet des hommes qui le délaissent alors qu’il est dans cette étable. Les hommes n’ont qu’un animal à offrir pour accueillir Jésus. Oui, le péché a tant marqué les hommes que, centrés sur eux, ils ne compatissent plus à une mère sur le point d’accoucher. Que de points de ressemblance avec notre temps. Oui, l’Amour n’est pas aimé (cf. Jésus à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-Le-Monial).
On parle beaucoup d’amour mais il n’est pas vécu pleinement.

Marie, à Cana, se rappellera peut-être ce moment de Noël. Non seulement il n’y a plus de vin, c’est-à-dire de surabondance dans la bonté fraternelle mais même l’essentiel ne semble pas assez présent. Alors, Marie intercédera auprès de son Fils pour qu’Il nous donne l’Amour divin, Celui de son Cœur, Celui de l’Esprit-Saint.

Ici, à Noël, c’est Jésus qui fait le choix de grandir pour aller jusqu’au bout de sa Mission sur la Terre.
Il quitte le sein maternel de Marie tout en la respectant. Aucune blessure à la virginité de sa Mère. Oui, la naissance de Jésus fut miraculeuse parce que Dieu voulait que Marie soit Vierge, avant, pendant et après la naissance (dogme de la virginité perpétuelle de Marie, élaboré au concile de Constantinople en 553, défini au concile du Latran en 649, et proclamé par le pape Martin 1er).
L’iconographie manifeste cela par les trois étoiles sur Marie, sur les deux épaules et sur le front. Les canons de l’iconographie refusent de représenter la main de Saint Joseph sur Marie, sur son épaule, parce que cela signifierait qu’il n’aurait pas respecté la virginité de son épouse.

Ainsi, Jésus veut s’avancer vers sa Mission et Il choisit de sortir de son Paradis terrestre, qu’est pour Lui le sein immaculé de Marie. Marie l’accueille avec son plus beau sourire. Déjà, Elle conforte son Fils. Elle laisse Saint Joseph découvrir lui aussi le visage de Jésus. Certes, c’est dans la rudesse du froid que Jésus naît, mais l’Amour qui les unit tous les trois est si grand… Première manifestation de l’unité de leurs trois Cœurs (cf. consécration à saint Joseph, de l’Alliance des Cœurs Unis).

Marie et Joseph profitent pleinement de la présence de Jésus auprès d’eux. Cependant, le Père désire qu’après le cercle le plus immédiat, les petits de ce monde soient les premiers à venir adorer Jésus. Petits parce qu’exclus du Temple de Jérusalem, les bergers veillent dans la nuit ! Et les anges font éclater le Gloria dans les cieux pour que les bergers entendent et puissent devenir témoins de ce qu’ils ont vu et entendu (1 Jn 1, 1-2) : la Gloire de Dieu procurée par la naissance de Jésus, le don de la paix. Tout homme est aimé par Dieu. Cette annonce est prophétique. En la recevant des bergers, Marie la garde en son Cœur immaculé.

Le baptême nous a consacrés à Dieu, a fait de nous une terre sainte et un membre du Corps du Christ, de l’Église. Notre mystère est grand. Alors que le péché originel se transmet par la génération et donc par la chair, Dieu marque la chair d’Abraham (circoncision) pour dire qu’Il veut reprendre tout par l’Alliance. Ainsi par l’offrande de Jésus sur la Croix qui obtient notre rachat auprès de Satan, Jésus fait de nous des fils bien-aimés du Père. Comme membres du Corps du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à vivre de ce qu’Il vit. Ainsi cachons-nous en Marie, apprenons à tout recevoir d’Elle. Quand Jésus était si petit et vulnérable, Il a voulu dépendre totalement d’Elle. Nous avons à prendre le même chemin. Il ne s’agit pas d’essayer de s’en sortir par nous-mêmes mais de grandir en humilité, et bien souvent par les épreuves, pour parvenir à dépendre de plus en plus de Marie comme l’enfant dans le sein maternel. Tout vivre en Elle et tout recevoir d’Elle. Il s’agit ainsi de tout lui remettre sans cesse pour que tout soit remis au Père qui veut tout nous donner par Elle comme Il nous le montre avec Jésus.

Parfois l’avenir nous fait peur pour nous-mêmes, pour notre famille, nos enfants et petits-enfants. Nous voyons les petites entreprises se fragiliser, la vie devenir plus chère, certains ne pourront pas se chauffer cet hiver, la maladie aussi nous fait peur. Si nous regardons trop cela, nous risquons de perdre pied. Alors que Marie avait tout préparé pour la naissance de Jésus à Nazareth, l’édit romain l’oblige, avec Joseph, à partir pour Bethléem. Et là, pas de place ! « Où est Dieu dans tout cela ? » a pu se demander Marie. Joseph aussi a pu se dire cela. Mais peut-être qu’ils ont choisi de l’accueillir de la Paternité de Dieu qui passe par les hommes bons et méchants. Ils ont cherché non pas le pourquoi de cette épreuve pour eux, pour Jésus qui allait naître, mais qu’est-ce que Dieu leur demandait à travers cela afin de coopérer le plus possible, qu’est-ce qu’il y aurait comme cadeau de Dieu à travers cette épreuve ? Être dépouillé, sentir la morsure de la solitude, du froid et découvrir que cela permet une plus grande intimité pour la Sainte Famille et aux bergers de venir adorer le Seigneur.

Dans nos chemins de vie, nous avons aussi à apprendre à changer de regard pour entrer dans celui du Père sur nous et sur chacun. Tout remettre à Marie et au Père, pour tout recevoir du Père, permet de garder la Paix du cœur. Dans les prochains mois, beaucoup de choses ne vont pas dépendre de nous. Dans celles-ci, apprenons à entrer dans la sagesse de Noël : accueillir le réel de notre vie, sans déni, pour tout remettre à Marie et tout Lui demander, et avec Elle regarder le visage de Jésus. Jésus saura renouveler notre bonne volonté pour aller plus loin dans l’Amour (dans la patience, l’accueil, l’écoute, dans le pardon, en reprenant telle personne et en l’accompagnant dans son chemin, en priant et souriant en toutes circonstances…)

Pour apprendre à vivre dans les Saints Cœurs Unis de Jésus et Marie et celui de Saint Joseph !

JOIE