Réflexion sur le Carême

Nous vous proposons cette réflexion de forme orale d’un prêtre de l’Alliance pour ce temps de montée vers Pâques et vous souhaitons un bon carême.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 4, 1-11

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmena à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Je voudrais regarder avec vous la tactique que prend le démon pour nous détourner de notre finalité et de notre regard vers le Père. A travers sa lutte contre les trois tentations du démon à la fin de ce temps de désert, Jésus va nous montrer comment il ramène le regard vers le Père. Je trouve cela essentiel.

Pour cela, je vous propose de regarder d’abord le récit de la tentation de nos premiers parents dans la Genèse.

Gn 3 01 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »

02 La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. 03 Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” »

04 Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! 05 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »

06 La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

Eve était conduite par Dieu, elle en était heureuse. Le démon, le plus rusé, voulant montrer à Dieu qu’Il s’ était trompé en voulant faire de l’homme son chef-d’œuvre, va faire en sorte qu’Eve détourne son regard de Dieu. Le serpent n’a pas de pattes qui lui permettraient de s’élever un peu de la terre, il colle entièrement au sol, il est donc l’animal le plus éloigné du ciel, d’où c’est lui qui est pris pour représenter le démon.

Celui-ci commence par attendre que l’autorité soit absente. C’est vrai, le diable a un problème avec l’autorité. Le démon commence par mentir pour avoir le vrai. Eve accepte de dialoguer avec le démon. Elle se sent en confiance, car elle ne connaît pas le mal. Et elle livre le secret qu’elle avait avec Dieu. Il est bon de savoir qu’il n’est pas permis au démon de connaître ce que l’on dit à Dieu dans notre prière.

Quand il vient tenter Eve, il va mettre le doute en elle puis, il lui vantera l‘autonomie de discernement. Ne plus recevoir de Dieu ce qu’Il veut nous donner mais décider soi-même. Cette désobéissance me coupera de la source de vie et donc, conduira à la mort. Jésus l’a très bien compris. Nous, un peu moins !!

Il va ensuite traiter Dieu de menteur, alors que c’est lui le menteur dès l’origine. Eve va l’accepter ! Séduite par ce que lui promet le démon : que ce soit elle qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. Or nous sommes dans un monde de confusion où, de plus en plus, le bien est regardé comme mal et le mal, comme bien. C’est très fatigant et déstabilisateur. Eve va donc se replier sur elle-même et va chercher à ce qu’Adam fasse de même.

Eve va prendre la place de Dieu, au centre, pour tout juger et finir par tout critiquer. C’est elle qui choisit de s’opposer à Dieu, à sa paternité. Elle a jugé que Dieu l’a trompée et qu’il faut s’en affranchir. Le fruit est que sa volonté humaine s’est affranchie et a faibli. Les passions peuvent passer au-dessus, être plus fortes que la volonté. La mort en est la conséquence.

[Le seul moyen, si on voulait en sortir, ce serait de remettre Jésus au centre. C’est-à-dire de mettre Jésus entre la réalité et moi-même. Ou, dit autrement : regarder l’autre comme Jésus le regarde, mais aussi telle réalité, circonstance et même moi-même. Fondre son regard en celui de Jésus. Puis, se demander ce que Jésus ferait à ma place, non pas ce qu’il ferait parce qu’Il est Dieu mais qu’est-ce qu’Il ferait alors que j’ai des qualités et aussi des défauts ? C’est-à-dire qu’est-ce qu’Il voudrait vivre en moi ? Et là, tout est rétabli, je désire me laisser conduire et que ce soit Lui qui me dise ce qui est bien et ce qui est mal. Face à celui qui a été méchant envers moi, j’accepte de me rappeler que Jésus est mort pour cette personne et moi, je suis prêt à aller jusqu’au bout dans l’ordre du bien pour cette personne ?]

Le démon regarde d’abord la faim du corps. En effet, ceux qui ont l’habitude de jeûner disent qu’après trois jours, on ne ressent plus la faim. C’est pour cela que l’Evangile dit que Jésus ressentit (à nouveau) la faim après 40 jours de jeune….

Le démon connaît bien les lieux de faiblesse de mes parents et ceux de mes grands-parents. Ainsi, il connaît les miens aussi. Mais il ne connaît pas Jésus ni sa Mère, Marie, et cela l’intrigue, il ne peut les tenter de l’intérieur, en se servant de leur imagination, comme il le fait pour nous. D’où, le « Si tu es le Fils de Dieu. » Il ne le dira plus à la 3e tentation car il s’agira là de proposer à Jésus qu’il adore non plus Dieu mais le démon.

Dans la 1e tentation donc, le démon invite Jésus à reconnaître la faim de son corps et de prendre l’initiative lui-même d’y répondre en faisant un miracle : changer les pierres en pain. Utiliser les super-pouvoirs de Dieu pour soi. Le démon veut nous couper de Dieu, de sa paternité au nom de l’efficacité.

Lors d’une rencontre avec le Père Jean-Marie Glorieux, jésuite, rencontré à Beauraing, celui-ci m’a rappelé que la sensibilité du corps aspire à Dieu. Ainsi, il est parti du psaume 62-63 et du psaume 83-84 : mon cœur et ma chair sont un cri vers toi. (« Mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair » ps 62 et « Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur, mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant » ps 83.)

La sensibilité crie sa soif de Dieu. Saint Matthieu a repris cela dans la 1e tentation. Le corps a soif de Dieu mais la tentation fait qu’il se replie sur sa soif, vers la nourriture terrestre et non vers Dieu. Le cri de soif de Jésus à la Croix manifeste combien Jésus a porté les soifs de nos corps vers Dieu.

Jésus répondra au démon que : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. » Ainsi, Il invite à tourner notre oreille vers Dieu qui me parle et pas seulement vers mon ventre qui crie. Et pourtant, on connaît le dicton : « Ventre creux n’a pas d’oreilles. » Ecouter la Parole de Dieu c’est se rappeler par Elle que Dieu est Provident, Il est Père. « Tout concourt au bien de celui qui fait le bien » ?

Qu’on se rappelle aussi l’existence d’un ressenti de solitude en chacun de nous. Saint Jean-Paul II, dans sa catéchèse du mercredi sur le mariage, l’appelle solitude originelle. Un ressenti qui ne part pas, même au moment où nous sommes le plus en communion avec l’être aimé. C’est difficile, à des moments plus que d’autres. Saint Jean-Paul II indique que Dieu nous a créés ainsi pour mettre une soif de Dieu en l’homme, dans sa chair. Celle-ci aspire ainsi à Dieu, elle aussi crie vers Dieu. Alors, on comprend mieux la réponse de Jésus à la 1e tentation. Jésus rappelle, nous rappelle que la faim la plus profonde en l’homme, Dieu seul peut y répondre, d’où l’importance d’écouter sa Parole. Ecouter sa Parole, c’est joindre le sensible dans notre lien avec Dieu car l’ouïe est activée ou alors la vue quand on lit l’Ecriture en silence. Elle ne le sera pas avec les deux autres tentations.

Le démon veut nous couper de Dieu et rendre égoïste la faim corporelle de notre corps. Jésus la replace dans le sens plénier de notre personne. L’homme ne vit pas que de pain ; certes aussi de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. Attendre de Dieu ce que Lui seul peut donner. Jésus n’a pas donné du tout une réponse morale à cette tentation, c’est à remarquer.

Le démon voit que Jésus n’est pas entré dans un dialogue avec lui, qu’Il s’est caché derrière l’Ecriture.

Alors, il va utiliser celle-ci aussi dans la seconde tentation. L’Ecriture dit que Dieu prend soin de sa créature : « Alors, jette-toi en bas » ! On voit que le démon a pouvoir sur le corps. Jésus a laissé le démon avoir pouvoir sur Lui. C’est surprenant, juste pour nous éduquer à ne pas avoir peur si le démon fait cela aussi avec nous.

[Car le démon se moque de nos fautes morales, ce qu’il veut c’est que, par nos fautes morales, nous attaquions nous-mêmes nos vertus théologales.]

Donc, le démon en cette seconde tentation, invite Jésus à tenter Dieu, à la vanité, à faire la gloriole en usant de Dieu, en se servant de Lui. Utiliser Dieu… ou les autres (les anges, nos proches…) pour notre gloriole.

Là aussi, quel serait le regard de Dieu que le démon cherche à nous faire oublier en nous repliant sur nous-mêmes, en nous faisant oublier la gloire de Dieu ? Saint Irénée dira : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. » Là, le démon nous invite à risquer notre vie (se jeter du pinacle du temple) afin d’obtenir plus de gloire humaine. Je ne cherche plus du tout la Gloire de Dieu, ni à faire sa Volonté, je ne Lui demande d’ailleurs pas ce qu’Il attend de moi, cette décision vient de moi, je ne cherche pas non plus à voir les risques, les conséquences auprès de mes proches. Je ne suis replié que sur moi-même et cherchant à utiliser les autres, et même Dieu.

La réponse sera l’humilité, c’est sûr. On se rappelle aussi la parole de Jésus : « Comment pouvez-vous croire vous qui cherchez votre gloire les uns des autres (Jn 5, 44) ? » Donc, par-là, le démon cherche à attaquer notre foi. Il cherche à nous faire oublier la recherche de la Volonté de Dieu sur nous et à nous faire oublier l’obéissance. Dieu est un Père qui veut notre bonheur et un bonheur que nous ne pouvons pas imaginer, au-delà de ce que nous pouvons désirer. Mais le démon nous fera désirer ce qui vient de nous, ce qui est à notre dimension. Le Père a un cœur plus grand !

Dans la 3e tentation, on change de registre de nouveau. Le démon montre à Jésus l’immensité de notre terre, des nations, de là où Dieu lui laisse un pouvoir. Et il va proposer à Jésus de recevoir le pouvoir sur ces peuples mais, car il y a toujours un « mais » avec le démon, mais si tu te prosternes devant moi, le démon, afin de m’adorer. La réponse de Jésus est nette : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Là encore, Il répond par la Parole de Dieu, qui est le premier des 10 commandements. Jésus ne dira pas au démon qu’Il a déjà autorité sur ces peuples et même plus grande que la sienne, Il préfère ne rien dire sur Lui. Pour la gloire, le pouvoir, l’efficacité, la possession, la domination es-tu prêt à vendre ton âme ? Veux-tu prendre ou recevoir en don gratuit ? Es-tu prêt à prendre le risque de ne pas recevoir ? A croire que tu peux ne pas être aimé jusque-là, que tu aies alors besoin de prendre pour être sûr d’avoir ce que tu veux ? Là encore, il y a oubli de la paternité de Dieu et Lui sait ce qui est le meilleur pour nous. Or, c’est l’adoration qui redonne et entretient ce regard, ce regard d’amour sur Dieu. C’est donc la séduction de l’orgueil pour tuer l’amour de Dieu dans le cœur de l’homme. Le prix pour la créature est cher à payer car elle ligote, remet son âme au démon pour qu’il ait autorité et pouvoir sur elle. Alors que l’adoration de Dieu va libérer l’homme de son insécurité, du regard et jugement des autres envers lui. Il va pouvoir s’appuyer sur Dieu qui est plus grand que lui et il est libre du ‘qu’en dira-t-on’ car l’âme sait que Dieu seul sera son juge et qu’Il sait quelle est son intention quand il réalise quelque chose.

Avec ce survol, on découvre mieux le but du démon et ce que Dieu avait voulu pour l’homme. Résumons cela en montrant :

Lutte contreRemède
1re tentation : Corps, plaisirl’Espérance   Parole de Dieu
2e tentation :Vanité la foi humilité
3e tentation :Orgueill’amour de Dieuadoration

Saint Matthieu qui a introduit le désert en soulignant que c’était poussé par l’Esprit-Saint que Jésus y allait, va ensuite donner les béatitudes. La première sera la béatitude des pauvres. Or, ensuite il montre que Jésus accomplit la Loi ancienne et fait entrer dans la Loi Nouvelle qui est la perfection de la charité, de l’amour de Dieu et du prochain. Et donc, face aux docteurs et aux pharisiens, Jésus montre qu’ils ont besoin d’entrer dans une pauvreté intérieure car avec le temps ils ont réduit la Parole de Dieu à ce qu’ils en ont compris et ils ont enseigné à regarder la Parole de Dieu ainsi. Ils l’ont humanisée, coupée de son lien vital avec sa source qui est Dieu, c’est la Parole du Père. Ils doivent donc rajeunir leur regard sur cette Parole et pouvoir laisser jaillir de nouveau l’amour de Dieu et du prochain dans leur cœur. Ils ont besoin de retrouver un lien direct avec le Père afin de redécouvrir qu’ils sont aimés, afin de pouvoir répondre eux aussi par l’amour.

C’est tout le but du Carême.

Le démon a perdu l’amour. Il a préféré son raisonnement, il sait ce que Dieu aurait dû faire dans sa Sagesse. Mais ce que Dieu a fait est différent et cela il ne l’a pas supporté et il veut montrer à Dieu qu’Il s’est trompé. Pour cela, il cherchera à couper l’homme de son regard sur Dieu et faire qu’il n’aime plus Dieu, qu’il n’ait plus confiance en Lui, que Dieu soit regardé comme Celui qui ne veut pas le bonheur de l’homme. Nous voyons cela avec Eve, dans le monde et dans nos vies. Pour cela, il nous fera tomber dans diverses fautes morales afin de nous disposer à attaquer les vertus théologales en nous.

Le projet de Jésus, c’est de nous faire redécouvrir le Père, sa bonté envers nous afin de renouer un lien filial et aimant avec Lui.

Que ce Carême soit pour chacun un chemin pour renouer son lien avec le Père. Les deux Saints Cœurs nous sont donnés afin d’apprendre au rythme de Jésus. C’est dans une grande pauvreté que Jésus vit son lien avec le Père. Mais c’est une pauvreté imprégnée d’amour. Qu’il en soit ainsi pour chacun de nous.

Carême 2023

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc 1, 15).

Le temps du Carême est par excellence le temps de la conversion à la foi. Comme Jésus le dit à ce père qui le suppliait de guérir son enfant possédé par un démon muet : « Tout est possible pour celui qui croit ». D’où la prière que nous voulons faire nôtre, tout au long du Carême : « Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9, 23-24). La prière, le jeûne et l’aumône seront vécus dans cette perspective et nous aideront à « passer toujours plus à la foi », là où nous pourrions avoir tendance à vivre comme si Dieu n’existait pas et à nous laisser entraîner à cette « apostasie silencieuse » (Jean Paul II) qui caractérise nos pays de vieille chrétienté.

Extrait de l’éditorial de Mgr Marc Aillet publié dans la revue diocésaine « Notre Eglise » n° 145 de mars 2023

Vœux pour cette belle période de l’Avent et la nouvelle année 2023 qui s’annonce.

À chacun d’entre vous, participants à notre belle couronne de prière de l’Alliance des Cœurs Unis.

Il est bien normal, à la fin d’une année, de faire un peu le bilan de ce que chacun et quelquefois ensemble, nous avons traversé. Dans l’humilité, sachons remercier notre Seigneur et Sa Sainte Mère, de toutes les Grâces qui nous furent accordées. Déposons en offrande bien modeste, les croix et les difficultés que nous avons rencontrées et par lesquels la Sainte Providence a permis que nous soyons purifiés et peut-être grandis. Si l’injustice nous a frappés, que nous puissions invoquer la Miséricorde sur eux qui en furent l’instrument… Et nous souvenir que chacun d’entre nous, nous sommes pécheurs. Et tout particulièrement, dans cette préparation de Noël, ne relâchons pas nos efforts pour porter ensemble, les brancards de nos petits boutons de rose malades ou écrasés par l’épreuve et qui se font offrande.

Gardons au cœur, la Mission spirituelle de la France et notre Sainte Eglise si meurtrie. Toute œuvre de purification est œuvre de Miséricorde. La Sainte Volonté Divine œuvre en nos vies vers notre propre sanctification.

Calme, Courage, Confiance… Espérance !

En ce temps de l’Avent, que chacun d’entre nous puisse retrouver son cœur d’enfant, en cheminant en compagnie des bergers, vers la grotte de la Nativité. Puissions-nous être capables de nous émerveiller de ce Don suprême, qu’est la venue de notre Sauveur : l’Enfant Divin.

Dans la contemplation de Sa Lumière, que brille sur nous Son visage et nous serons sauvés !

Mais en attendant, cheminant vers la montée de la crèche, ne lâchons pas des yeux, la Sainte Etoile que le Père nous envoie, en Marie l’Immaculée Conception, Mère de l’Emmanuel, pour converger vers la plus céleste des contemplations.

Saint et joyeux Noël et Confiance pour 2023, la Grâce ne saurait nous manquer !

Virginie et l’équipe organisatrice.

Noël–natalis–naissance

Chers membres de l’Alliance des Cœurs Unis,

A l’approche de Noël, c’est avec joie que je vous offre cette petite méditation sur Noël pour aider chacun, je l’espère, à entrer dans ce mystère.
Que Marie vous aide à la comprendre si besoin et surtout qu’Elle vous en fasse vivre pour votre PAIX.

fr Marie-Philippe, aumônier de l’Alliance

Noël–natalis–naissance

Noël est une fête de présence ! Le Père nous donne son Fils à contempler !

A Noël, Jésus est rejeté par les hommes, pas de place à l’hôtellerie, et par le pouvoir politique, Hérode cherche à le tuer. A la Croix, il est rejeté par le pouvoir religieux et par le peuple qui, quelques jours auparavant, l’acclamait.

Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, de toute éternité, ont choisi la Vierge Marie comme Paradis sur Terre pour que le Verbe se fasse chair. Dans ce lieu d’amour Il a grandi en Paix. Il s’est senti chez Lui.

Sa naissance l’oblige à rencontrer notre monde tant marqué par le péché. Sa sensibilité est si pure qu’Il ressent tout avec une grande intensité. Ce qui le console, c’est le cœur de sa Mère, son sourire, ses bras, son lait maternel. Il constate la froideur du temps, le rejet des hommes qui le délaissent alors qu’il est dans cette étable. Les hommes n’ont qu’un animal à offrir pour accueillir Jésus. Oui, le péché a tant marqué les hommes que, centrés sur eux, ils ne compatissent plus à une mère sur le point d’accoucher. Que de points de ressemblance avec notre temps. Oui, l’Amour n’est pas aimé (cf. Jésus à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-Le-Monial).
On parle beaucoup d’amour mais il n’est pas vécu pleinement.

Marie, à Cana, se rappellera peut-être ce moment de Noël. Non seulement il n’y a plus de vin, c’est-à-dire de surabondance dans la bonté fraternelle mais même l’essentiel ne semble pas assez présent. Alors, Marie intercédera auprès de son Fils pour qu’Il nous donne l’Amour divin, Celui de son Cœur, Celui de l’Esprit-Saint.

Ici, à Noël, c’est Jésus qui fait le choix de grandir pour aller jusqu’au bout de sa Mission sur la Terre.
Il quitte le sein maternel de Marie tout en la respectant. Aucune blessure à la virginité de sa Mère. Oui, la naissance de Jésus fut miraculeuse parce que Dieu voulait que Marie soit Vierge, avant, pendant et après la naissance (dogme de la virginité perpétuelle de Marie, élaboré au concile de Constantinople en 553, défini au concile du Latran en 649, et proclamé par le pape Martin 1er).
L’iconographie manifeste cela par les trois étoiles sur Marie, sur les deux épaules et sur le front. Les canons de l’iconographie refusent de représenter la main de Saint Joseph sur Marie, sur son épaule, parce que cela signifierait qu’il n’aurait pas respecté la virginité de son épouse.

Ainsi, Jésus veut s’avancer vers sa Mission et Il choisit de sortir de son Paradis terrestre, qu’est pour Lui le sein immaculé de Marie. Marie l’accueille avec son plus beau sourire. Déjà, Elle conforte son Fils. Elle laisse Saint Joseph découvrir lui aussi le visage de Jésus. Certes, c’est dans la rudesse du froid que Jésus naît, mais l’Amour qui les unit tous les trois est si grand… Première manifestation de l’unité de leurs trois Cœurs (cf. consécration à saint Joseph, de l’Alliance des Cœurs Unis).

Marie et Joseph profitent pleinement de la présence de Jésus auprès d’eux. Cependant, le Père désire qu’après le cercle le plus immédiat, les petits de ce monde soient les premiers à venir adorer Jésus. Petits parce qu’exclus du Temple de Jérusalem, les bergers veillent dans la nuit ! Et les anges font éclater le Gloria dans les cieux pour que les bergers entendent et puissent devenir témoins de ce qu’ils ont vu et entendu (1 Jn 1, 1-2) : la Gloire de Dieu procurée par la naissance de Jésus, le don de la paix. Tout homme est aimé par Dieu. Cette annonce est prophétique. En la recevant des bergers, Marie la garde en son Cœur immaculé.

Le baptême nous a consacrés à Dieu, a fait de nous une terre sainte et un membre du Corps du Christ, de l’Église. Notre mystère est grand. Alors que le péché originel se transmet par la génération et donc par la chair, Dieu marque la chair d’Abraham (circoncision) pour dire qu’Il veut reprendre tout par l’Alliance. Ainsi par l’offrande de Jésus sur la Croix qui obtient notre rachat auprès de Satan, Jésus fait de nous des fils bien-aimés du Père. Comme membres du Corps du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à vivre de ce qu’Il vit. Ainsi cachons-nous en Marie, apprenons à tout recevoir d’Elle. Quand Jésus était si petit et vulnérable, Il a voulu dépendre totalement d’Elle. Nous avons à prendre le même chemin. Il ne s’agit pas d’essayer de s’en sortir par nous-mêmes mais de grandir en humilité, et bien souvent par les épreuves, pour parvenir à dépendre de plus en plus de Marie comme l’enfant dans le sein maternel. Tout vivre en Elle et tout recevoir d’Elle. Il s’agit ainsi de tout lui remettre sans cesse pour que tout soit remis au Père qui veut tout nous donner par Elle comme Il nous le montre avec Jésus.

Parfois l’avenir nous fait peur pour nous-mêmes, pour notre famille, nos enfants et petits-enfants. Nous voyons les petites entreprises se fragiliser, la vie devenir plus chère, certains ne pourront pas se chauffer cet hiver, la maladie aussi nous fait peur. Si nous regardons trop cela, nous risquons de perdre pied. Alors que Marie avait tout préparé pour la naissance de Jésus à Nazareth, l’édit romain l’oblige, avec Joseph, à partir pour Bethléem. Et là, pas de place ! « Où est Dieu dans tout cela ? » a pu se demander Marie. Joseph aussi a pu se dire cela. Mais peut-être qu’ils ont choisi de l’accueillir de la Paternité de Dieu qui passe par les hommes bons et méchants. Ils ont cherché non pas le pourquoi de cette épreuve pour eux, pour Jésus qui allait naître, mais qu’est-ce que Dieu leur demandait à travers cela afin de coopérer le plus possible, qu’est-ce qu’il y aurait comme cadeau de Dieu à travers cette épreuve ? Être dépouillé, sentir la morsure de la solitude, du froid et découvrir que cela permet une plus grande intimité pour la Sainte Famille et aux bergers de venir adorer le Seigneur.

Dans nos chemins de vie, nous avons aussi à apprendre à changer de regard pour entrer dans celui du Père sur nous et sur chacun. Tout remettre à Marie et au Père, pour tout recevoir du Père, permet de garder la Paix du cœur. Dans les prochains mois, beaucoup de choses ne vont pas dépendre de nous. Dans celles-ci, apprenons à entrer dans la sagesse de Noël : accueillir le réel de notre vie, sans déni, pour tout remettre à Marie et tout Lui demander, et avec Elle regarder le visage de Jésus. Jésus saura renouveler notre bonne volonté pour aller plus loin dans l’Amour (dans la patience, l’accueil, l’écoute, dans le pardon, en reprenant telle personne et en l’accompagnant dans son chemin, en priant et souriant en toutes circonstances…)

Pour apprendre à vivre dans les Saints Cœurs Unis de Jésus et Marie et celui de Saint Joseph !

JOIE

Présentation de Marie au Temple

Le 21 novembre, l’Eglise fête la Présentation de la Vierge Marie au Temple. C’est la réponse d’amour que Marie a voulu donner à l’expérience de l’amour dont elle a été aimée par Dieu. Pour nous qui sommes consacrés aux Cœurs de Jésus et de Marie par notre pacte d’Alliance, il nous est bon de renouveler notre consécration aujourd’hui. Que ce soit à la messe, à l’offertoire ou à l’action de grâce de la messe, ou que ce soit chez soi, remettons-nous bien sous le regard du Père, en présence des deux Saints Cœurs et redisons notre consécration. 

Demandons à Marie qu’Elle porte cet acte dans son Cœur et dans Celui de son Fils pour qu’Ils puissent le remettre au Père afin de Le consoler, comme la donation de Marie a pu le faire. Qu’avec ce renouvellement, puissions-nous dire à Marie qu’Elle dispose notre cœur et notre volonté à ce que le Père pourrait nous demander. Comme Epouse de l’Esprit-Saint, qu’Elle nous obtienne l’Amour de Dieu suffisamment pour répondre à la Volonté divine dans la simplicité de notre quotidien. Demandons à Marie qu’en échange de ce don renouvelé, Elle nous forme et nous dispose à ce que Dieu attend de nous.

Demandons à Marie qu’Elle nous donne quelque chose de sa joie aujourd’hui, même si notre chemin est difficile.

Que dans la divine Volonté, les deux Saints Cœurs de Jésus et Marie vous bénissent.

fr. Marie-Philippe, aumônier de l’Alliance des Cœurs Unis.

Pietro Testa dit le Lucchesino (1611–1650)

« Ce mercredi 16 novembre, La Croix a inséré sur la page du courrier des lecteurs du journal, ainsi que sur son site, le droit de réponse qui lui avait été adressé par l’Alliance.

Très difficile à trouver sur le site du journal, le contenu même du droit de réponse, qui se veut à la fois, équilibré, mesuré, pertinent et démonstratif, peut expliquer cette forme voulue de discrétion dans sa publication.
Tout laisse à penser que la vérité n’est pas toujours si facile que cela à reconnaitre, surtout lorsqu’une enquête journaliste s’est avérée forcément sérieuse… ! »

Communiqués de la Présidente


10 novembre 2022

« Droit de réponse de la Présidente de l’Alliance des Cœurs Unis, à l’article publié le 12 octobre 2022 dans le journal La Croix et sur son site, qui lui a été adressé selon les règles de forme et de fond en vigueur le lundi 7 novembre » :

Une « enquête » qui pose question

L’Alliance tient à souligner que malgré le fait qu’elle ait facilité l’enquête du journaliste, ni sa présidente, ni son aumônier n’ont été interviewés ni même contactés (contrairement à ce qui est indiqué s’agissant de ce dernier), alors que le journaliste a appelé à plusieurs reprises un membre de l’Alliance âgée de plus de 80 ans, au motif (erroné) qu’elle serait la présidente de l’Association.
Par ailleurs, l’article ne cite pas les noms des détracteurs, qui à notre connaissance sont trois personnes n’ayant jamais été membres de l’Alliance.

Une prétendue « société secrète »

L’impossibilité de quitter librement le groupe des roses…” est sans fondement. 
La vocation spirituelle de l’Alliance des Cœurs Unis réunit des catholiques libres d’y adhérer en vertu d’un simple engagement personnel et d’en sortir. L‘article ne donne aucun exemple de personne empêchée de sortir de l’Alliance.

S’associer à une chaîne de prières, sous l’autorité d’un évêque accompagnant et de nombreux prêtres issus de paroisses différentes, ne fait pas de l’Association une « mystérieuse Alliance ….allant à l’encontre de l’unité du corps ecclésial » . Le port d’un scapulaire matérialise une consécration spirituelle. Elle s’accompagne d’un engagement volontaire qui vaut obéissance aux autorités ecclésiales. Les prêtres, qui imposent les scapulaires, en sont les garants.


L’association ne suit pas « un (prétendu) programme politique royaliste … »

L’engagement spirituel est le seul et unique marqueur commun de notre association apolitique dont la diversité sociale est établie. Elle n’a aucun programme politique royaliste.

Prier pour le relèvement spirituel de la France, est sa seule motivation et son seul moyen d’action.

La notion de royauté renvoie uniquement à celle du Christ, et conformément au Magistère de l’Eglise, l’avènement appelé est celui du seul Royaume de Dieu.

Des réalités volontairement passées sous silence

Contrairement à la présentation qu’en fait l’article, l’Alliance n’est pas une « Eglise parallèle évoluant dans la plus grande discrétion, sous les radars des paroisses » :  elle sollicite l’accord de l’Evêque du lieu pour organiser des soirées de prières et d’enseignements sur les fondements de la Foi catholique.

Des Evêques acceptent d’ouvrir les paroisses, d’autres préfèrent privilégier les lieux privés.

La Doctrine sociale de l’Eglise fait l’objet de sessions de travail, en particulier au cours d’un séminaire en la présence de l’Evêque du lieu.

Par ailleurs, elle aide chaque année plusieurs familles libanaises en difficulté, en partenariat avec le Patriarcat Maronite.

De même, il est erroné d’écrire que « cela s’inscrit dans une filière pseudo-mystique et occulte… » : sa fondatrice s’est mise d’elle-même sous la protection et le regard vigilant de l’Eglise.

L’ensemble de ses locutions a été remis à l’évêque accompagnant, à des prêtres et théologiens, qui ont validé leur conformité avec l’Ecriture sainte et le Magistère de l’Eglise.

Seule l’Eglise est à même de porter un regard objectif sur les locutions privées. Les avis des prétendus experts qui lui sont extérieurs n’engagent qu’eux-mêmes.

Les prétendues critiques envers le Pape

Contrairement à ce que laisse penser l’article, l’Alliance ne critique pas le Pape et même appelle à prier pour lui : « …aimer profondément le Pape François et prier aussi beaucoup pour lui… » (page 142, Tome 2 des Secrets du Roi).

Tout membre qui viendrait à remettre en cause la personne de notre Pape, renierait son engagement, et se mettrait hors de l’Alliance.

Il en est ainsi des soi-disant membres auxquels se réfère l’article pour leur faire dire que « des anges de Satan…inspireraient le successeur de Benoît 16 ».

Des propos de membres de l’Association notoirement déformés

Les propos et écrits imputés à la fondatrice et présidente d’honneur de l’Alliance sont sortis de leur contexte, déformés, et ainsi dénaturés et caricaturés, au préjudice de l’Alliance et de ses membres. Ainsi par exemple :

  • deux parties de phrases ont été prélevées à deux endroits différents dans les Secrets du Roi (page 91 et page 97 du tome 2), pour les accoler de façon à prétendre « qu’une boule noire (est) à la tête de l’Eglise… » : or, cette phrase n’existe pas dans l’ouvrage cité,
  • « Cette femme mariée…se présente également comme la « veuve » ou « l’épouse » du Christ » est un exemple éloquent puisque ce raccourci fait délibérément fi de la valeur allégorique usuelle de tels termes : l’Eglise, constituée de chacun de ses membres, est l’Epouse du Christ,
  • la retranscription faite par l’article de propos tenus lors de la conférence du 9 septembre 2022 consiste en un réassemblage de phrases tirées de passages différents afin d’aboutir à une phrase qui a un tout autre sens. Nous détenons l’enregistrement de cette conférence démontrant ce travestissement (si besoin était),

Des prétendues dérives sectaires, arme « fatale » contre l’Association

Les soi-disant « nombreuses » dénonciations d’état d’« emprise » et de « manipulation » évoquées dans l’article, sont parvenues en mars 2022 à la cellule en charge des dérives sectaires de la Conférence des Evêques de France.

Ne reposant sur aucun élément de preuve, elles émanent à notre connaissance, de trois personnes qui, depuis plus d’un an, ont décidé de s’en prendre à l’Alliance sous prétexte de son refus réitéré à vouloir prendre parti dans le cadre d’une affaire de famille strictement privée intéressant l’une d’entre elles.

Après avoir effectué des vérifications, la cellule de la Conférence des Evêques de France a clos le dossier.

De surcroît, il est établi que ces « plaignants » n’ont jamais été membres de l’Alliance, contrairement à ce qu’indique l’article.

L’Alliance, qui regroupe des croyants sincères et attachés à demeurer fidèles à l’Eglise, tient à exprimer sa tristesse et celle de ses membres face à la publication d’un tel article.

Wanda Henry,
La Présidente


25 octobre 2022

Chers amis et membres de l’Alliance des Cœurs Unis.

Pour ceux qui n’auraient pas reçu le message de notre Evêque accompagnant, Mgr Marc Aillet, (message envoyé par courriel ou voie postale) vous êtes invités à vous rapprocher de votre responsable de groupe de prière pour en prendre connaissance.

En union de prière,

Wanda Henry,
La Présidente.


13 octobre 2022

Compte tenu des erreurs manifestes, de nombreux amalgames, de graves insinuations et d’importantes fausses allégations, que recouvre et fait valoir l’article de Mickael Corre, intitulé « Virginie et la mystérieuse Alliance des Cœurs Unis » paru dans le journal La Croix du 12 octobre 2022, l’Association de l’Alliance des Cœurs Unis prépare un droit de réponse sans exclure toute autre action qui s’avèrerait nécessaire.

Wanda Henry,
La Présidente

« Communiqué de l’Alliance des Cœurs Unis en réponse à l’article de M. de Saint-Chéron publié sur le site du journal La Croix le 13 octobre 2022 » :

« Les propos tenus par M. de Saint-Chéron à l’encontre de la fondatrice et présidente d’honneur de notre association, dans le prolongement de l’article paru la veille dans le journal La Croix, sont d’une extrême agressivité, n’hésitant pas, alors qu’il ne la jamais rencontrée et ne l’a connaît pas, à recourir à des termes dont le caractère diffamatoire voire insultant est juridiquement avéré.

S’étant mise sous le regard vigilant de l’Eglise et en totale obéissance à Elle, notre présidente d’honneur considère qu’il n’y a pas lieu de polémiquer et de donner suite à une telle violence.

A l’inverse, elle invite chacun à porter dans la prière tous les détracteurs qui cherchent à s’en prendre à l’Alliance pour qu’ils recouvrent, ce qui constitue les marqueurs de tous « bons chrétiens », à savoir être dans l’Amour et la Charité, renvoyant en cela M. de Saint-Chéron au titre de son propre livre, « Les bons chrétiens » ».

Mgr Nabil El Hajj recevant le scapulaire
de l’Alliance des Cœurs Unis des mains de Mgr Marc Aillet
le 11 juin 2021 en la cathédrale Sainte Marie de Bayonne

Message de Mgr Nabil El Hajj, archevêque émérite de Tyr (Liban), membre de l’Alliance, reçu le 27 octobre à la suite des articles du journal La Croix :

« Je n’ai qu’un petit mot à vous dire ce matin, ce que disait Saint Augustin quand il voyait que parfois le mal semble avoir le dessus et vaincre le Bien.
Il disait que quand nous ne pouvons pas corriger, restons dans l’attente, regardons Dieu et Lui seul. Confions-Lui notre peine, en silence et avec patience.
Quand nous pouvons corriger, faisons-le avec amour et mettons tout entre les mains du Seigneur entre Sa Miséricorde et Son Amour… en attendant le triomphe final du Bien sur le mal, qui n’est pas pour aujourd’hui. Corrigeons ce que nous pouvons corriger et c’est tout.
Il faut laisser le reste à la Providence.

Le Saint Pape Jean-Paul II disait constamment qu’il faut être sage : il faut savoir être patient et réaliste mais s’assurer en fin de compte que Dieu est le Maître de l’histoire et la Création. Sa Création est à Lui. Nous ne pouvons que rendre grâce au Seigneur pour la Création, le Salut et la Rédemption en attendant le Jugement dernier.

Le Seigneur nous exhorte à rendre le Bien pour le mal. Nous sommes à l’intérieur de l’Eglise et avec l’Eglise. Nous demeurons toujours confiants. Le Royaume avance. Faisons toujours confiance au Royaume, à Dieu, Son Amour, Sa Providence.

Le dernier mot sera au Christ. Peut-être pas maintenant et certainement pas maintenant mais il nous faut toujours attendre avec grande Espérance.

Je suis fier d’appartenir à l’Alliance des Cœurs Unis et je suis corps et âme avec vous tous.

Que le Seigneur vous bénisse ».

Monseigneur Mgr Nabil El Hajj
Archevêque émérite de Tyr au Liban

Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron au sujet des révélations privées.

Extraits de la conférence dispensée par Mgr Marc Aillet le vendredi 10 juin 2022 à Bayonne à l’occasion de la récollection annuelle de l’Alliance des Cœurs Unis (retranscription écrite de l’enregistrement audio)

« …/…. On ne peut pas rechercher une révélation autre que celle en qui Dieu nous a tout dit. On ne peut pas chercher une vision autre que ce que Dieu nous a fait voir en son Fils qui a dit :
« Qui me voit, voit le Père ». Vous vous rappelez cela dans le chapitre 14 de Saint Jean, ce fameux discours après la Cène où Jésus, d’abondance du cœur, dit tous ses secrets à ses apôtres, qui nous les ont transmis dans l’Évangile.

Ce qui fait dire au Catéchisme au numéro 66 et suivants : « l’économie chrétienne étant l’Alliance nouvelle et définitive, ne passera donc jamais. Et aucune nouvelle Révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ ». C’est un passage de la constitution dogmatique sur la Révélation Divine (Dei Verbum) au numéro 4.

Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée. Il restera à la Foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles. C’est ce que l’on appelle sans doute de manière impropre, les progrès du Dogme, c’est-à-dire, des définitions de ce qui est à croire et dont la mission a été remise au Magistère suprême de l’Église, avec une assistance spéciale de l’Esprit Saint qui était promise par Jésus à son Magistère, à ses apôtres, et en particulier au premier des apôtres, qui est Pierre, et donc ses successeurs.

C’est ainsi par exemple que lorsque le bienheureux pape Pie IX définit le dogme de l’Immaculée Conception en 1854, il nous dit explicitement que cela appartient à la Révélation, ce n’est donc pas nouveau. C’est implicitement contenu dans l’Écriture Sainte, même si pendant des siècles, on a pu ergoter parmi les théologiens sur l’interprétation authentique de ces paroles, de ce message révélé qui nous a été transmis par l’Église, depuis le dernier apôtre.

Mais le bienheureux Pie IX, grâce aussi à la dévotion populaire du peuple de Dieu depuis des lustres, grâce au travail des théologiens, grâce à la scrutation de l’Écriture Sainte, peut dire que Marie était conçue sans péché en prévision des mérites de Son Fils qui mourra sur la Croix bien après avoir été conçu dans le Sein virginal de Marie, par l’action de l’Esprit Saint. Et contenu dans la Révélation. Donc ce n’est pas un ajout à la Révélation, c’est une explicitation par le Magistère de l’Église, de ce qui fait partie de la Révélation publique. C’est-à-dire la Révélation que Dieu a faite à l’humanité, à travers les hommes qu’il a choisis, les prophètes, les apôtres, qui sont les interprètes de Jésus, Exégète du Père comme disent les Pères de l’Église, Celui qui a la plénitude de la Révélation.

J’ajoute un passage qui nous concerne un peu, ça tombe bien, au numéro 67 :
Au fil des siècles, il y a eu des révélations dites « privées ». Vous avez bien vu la différence entre la Révélation publique et les révélations privées, dont certaines ont été reconnues par l’Autorité de l’Église. Je pense par exemple au message de Lourdes, pour faire bref, au message de la Vierge Marie à Fatima, aux trois petits voyants de Fatima. Ce qui ne s’est pas fait sans doute sans douleur et ce qui ne s’est jamais fait de manière automatique. Mais toujours avec beaucoup de prudence. Cela, je vous en ai déjà parlé, je crois une autre année.

Ces révélations dites privées n’appartiennent cependant pas au dépôt de la Foi. Le rôle n’est pas d’améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Intéressant ! Ça montre bien que Dieu qui a parlé une fois pour toutes par Son Fils, Dieu qui nous a parlé à travers une Révélation publique, qui s’achève comme dit la Tradition, avec la mort du dernier apôtre. Cela veut dire qu’aucun pape, qu’aucun Concile Œcuménique ne pourra ajouter quelque chose et prétendre que Dieu leur dit quelque chose de nouveau, par rapport à ce qui était explicitement et implicitement, comme je l’ai dit tout à l’heure, révélé dans la Bible.

Mais quand il y a des révélations privées, Dieu continue d’accompagner son Peuple, vous voyez. Et à certains moments, il lui rappelle les vérités de la Révélation publique qui sont pourtant normalement enseignées par le Magistère ordinaire de l’Église, mais qui sont parfois oubliées ou délaissées, ou mal exprimées dans la vie courante de l’Église.

Alors parfois, le Seigneur, par la Vierge Marie, par Jésus Lui-même, à travers des messagers, essaie de préciser pour l’époque que nous vivons, dans cette étape de l’histoire du salut, et souligne tel ou tel point, telle ou telle dévotion, qui permettent de ramener sans cesse le peuple chrétien à l’adhésion radicale au message de la Foi.

Je le répète, elles n’appartiennent pas cependant au dépôt de la Foi, leur rôle n’est pas d’améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ mais d’aider à en vivre plus pleinement – à une certaine époque de l’histoire – guidé par le Magistère de l’Église – le sens des fidèles (Sensus fidelium) qui s’enracine dans ce que l’on appelle le « sensus fidei », c’est-à-dire, le sens surnaturel de la Foi qui nous donne d’adhérer, de manière collective du plus grand des Évêques au dernier des fidèles et de manière infaillible, au message révélé tel qu’il est contenu dans l’Écriture Sainte et tel qu’il est transmis dans le Magistère de l’Église à travers la Tradition.

Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui, dans ces révélations, constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église. C’est magnifique, ça ! Pourquoi ? Parce que c’est laissé à l’appréciation des fidèles ; c’est laissé à l’appréciation du sens de la Foi des fidèles !

Quand un messager, ou une messagère, en l’occurrence pour nous, nous transmet des messages qui lui viennent du Ciel, il ne vous appartient pas, pas même à moi, pour l’instant encore, de préjuger de l’authenticité des révélations. Cela suppose une enquête, bien précise de l’Église et il faut un peu de temps.

Ces révélations n’engagent sans doute que celle qui en est porteuse ou messagère et qui n’engagent que ceux qui y adhèrent au nom du sens de la Foi.

C’est la raison pour laquelle, figurez-vous, le pape Paul VI après le Concile a supprimé l’obligation d’obtenir l’imprimatur, c’est-à-dire, l’autorisation officielle avec le sceau d’un Évêque pour publier des révélations dites privées.

La seule vigilance que l’Église doit assurer et que j’essaie d’assurer quant à moi, puisqu’il m’a été demandé d’accompagner pastoralement l’Alliance des Cœurs Unis, c’est de m’assurer que cela ne conduise pas à des attitudes qui prennent des chemins de traverse, de m’assurer que ce qui est publié soit conforme à la Foi et aux mœurs de l’Église catholique, c’est-à-dire, conforme à la Révélation publique. Et qu’on n’y ajoute rien de plus. Et qu’on aide à approfondir et en vivre plus pleinement, à notre étape de l’histoire qui est si particulière, et qui fait partie de ce que l’on pourrait appeler avec saint Louis-Marie Grignon de Montfort, ces temps qui sont les derniers, sans que nous puissions quant à nous décréter quel est le jour, quelle est l’heure, puisque Jésus nous a dit que cela nous resterait inconnu jusqu’à la fin. Vous voyez, c’est tout.

Il ne s’agit pas de dire « oui, c’est vrai ». Ce qui est dit doit être conforme à la vérité révélée.
Et votre attitude, à vous, quand vous y adhérez, vous n’adhérez pas à la personne de la messagère, vous adhérez à Celui et à Celle, Jésus et Marie, le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie, vers lesquels elle vous oriente pour vivre plus pleinement votre vie chrétienne dans sa radicalité, à travers la Consécration de votre vie aux deux Cœurs Unis de Jésus et de Marie.

Suis-je clair ? Et je termine par le dernier paragraphe du numéro 67 : la foi chrétienne ne peut pas accepter des révélations qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. N’ayez crainte, m’est d’avis que ce n’est pas le cas ! C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles révélations.

L’adhésion qui vous entraine à vivre plus pleinement votre foi chrétienne dans votre vie quotidienne ne repose pas sur l’autorité de la messagère. Cela ne lui confère aucune autorité sur votre vie chrétienne. Mais repose sur l’autorité du Christ qui l’a confiée à Son Église. C’est important de se redire ça, pas pour vous, parce que je suis sûr que vous en êtes tous absolument convaincus, mais pour ceux de l’extérieur qui ne comprennent pas toujours ce que vous vivez, ce à quoi vous adhérez, comment vous le vivez.

A vous précisément parce que vous êtes des adultes dans la Foi (et il faut cesser d’être dans le cléricalisme qui prétend tout régenter), à vous d’adhérer au nom du sens surnaturel de la Foi ; allez relire le paragraphe de la constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium », sur le mystère de l’Église ; allez relire le numéro 12 ! … Je crois que c’est un point important, qui définit ce qu’est le sens surnaturel de la Foi du Peuple de Dieu, dont vous êtes membres par votre Baptême, par votre Confirmation.

C’est ce qui était convoqué dans cette démarche synodale qui s’achève maintenant dans sa phase diocésaine, n’est-ce pas ? Comme le pape l’avait dit au début, le Synode n’est pas un sondage d’opinions, car si le synode était une collecte d’opinions des fidèles, on risquerait de trouver beaucoup d’opinions qui viennent finalement de l’esprit du monde et pas du sens authentique de la Foi.

Je peux vous dire qu’en lisant les contributions, à côté de très belles choses qui viennent en effet du sens de la Foi, je trouve des choses qui n’appartiennent pas à la Foi, qui ne sont pas de l’esprit de l’Évangile, qui sont de l’esprit du monde.

Ajoutons que le Synode n’est pas non plus un parlement où il s’agit de déterminer une majorité qui l’emporte sur une minorité selon le lobbying auquel on est habitué dans les parlements européen ou français, que sais-je encore. Non, ce qui était convoqué dans cette démarche synodale, cette consultation générale du peuple chrétien, demandée par le pape François, pour préparer le synode des Évêques d’octobre 2023, sur le thème « pour une Église synodale, communion, participation, mission » … c’est le sens de la Foi, l’adhésion du peuple de Dieu tout entier depuis les Évêques jusqu’au dernier des fidèles, comme je l’ai dit tout à l’heure, de manière infaillible aux vérités révélées. Sens de la Foi qui est suscité en nous par l’Esprit Saint et qui est conduit et formé par le Magistère de l’Église.

Donc, il est bien évident que vous n’allez rien réinventer, c’est ce qu’on vient de dire tout à l’heure ; ce que nous pourrons dire sur la vie de l’Église ne pourra que s’enraciner dans la Révélation publique, sans rien y ajouter, sans rien n’en retrancher ; même si ce sera aussi pour vivre peut-être plus pleinement à cette étape de l’histoire de l’Église, les vérités transmises par le Magistère de l’Église de manière fidèle depuis 2000 ans.

Donc le sens de la Foi mérite d’être formé, il mérite d’être toujours plus approfondi et pour adhérer à la Révélation publique et reconnaître ce qui, dans les révélations privées, nous permet de vivre plus pleinement notre Foi à cette étape de notre histoire, nécessite que vous formiez toujours plus le sens de la Foi, suscité par l’Esprit Saint, en étant toujours plus à l’écoute de l’Esprit Saint.
Et où est-ce que l’Esprit Saint parle ? Avant de parler dans le cœur de chacun, il parle à travers la Parole de Dieu. La Parole de Dieu, c’est le fondement de toute vie chrétienne, car la Foi est d’abord une réponse, une obéissance, une adhésion à la Parole de Dieu qui nous est transmise à travers la Révélation et la Tradition de l’Église. D’accord ?

Donc je ne saurais trop recommander pour vivre plus pleinement votre Foi – je sais que vous avez à cœur de le faire dans vos groupes de prière – de partir de la Parole de Dieu et d’approfondir cette Parole avec le Magistère de l’Église.

Et le Magistère de l’Église nous a offert comme cadeau – comme vous le savez – cela fait déjà 30 ans – la célébration cette année du 30e anniversaire de la promulgation par la Constitution apostolique, s’il vous plait ! du Pape Saint Jean-Paul II, qui est le document de référence de la Foi chrétienne : le « Catéchisme de l’Église Catholique ».

Un membre de l’Alliance doit avoir, sans doute « les Secrets du Roi », il doit avoir le livre de prière du 3e volume, bien sûr, mais il doit avoir aussi, « quam primum », une Bible… complète… sans commentaires même si elle peut avoir des notes qui aident à la compréhension de certaines choses un peu difficiles à comprendre, une Bible… et un Catéchisme de l’Église catholique ! …./…. ».

Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron